Hey :) Je suis désolée de vous avoir abandonnés tant de jours de cette façon, mais j'ai eu tellement de choses à faire que j'ai cru être retournée en prépa (si, si. Pourtant je suis pas follement désorganisée, même plutôt l'inverse, mais bon...). J'espère avoir le temps de vous parler 1) des transports en commun, 2) des travaux solos et des travaux de groupe, 3) de la recherche de stage bientôt, mais je ne peux rien promettre aux 3 ou 4 fidèles lecteurs qui sont très patients et reviennent tous les jours (je vous vois... Je ne sais pas qui vous êtes mais chapeau les gars! ^^). Donc bon, je suis pas du tout régulière en ce moment mais je ne me contrains pas non plus (je préfère dormir la nuit, vous voyez), so... On verra bien ce que ça donne cette année!

Si vous suivez un peu les infos de la province ou que vous lisez Kamkam, vous savez qu'à L'île, on a une graaande braderie tous les ans, le premier dimanche du mois de septembre. Mais pas 'grande' genre 10 kilomètres, non. Genre énooooorme. 2 millions de visiteurs environ, des milliers d'étals, plein de rues bloquées, bref, la folie. Je voulais écrire un article à ce sujet au moment où ça s'est passé, mais ça s'est pas fait. Cependant, comme j'avais promis d'écrire cet article, chose promise chose due! le voici.

Je décide donc d'inaugurer une toute nouvelle catégorie, les Chroniques de l'insularité. Vous avez bien compris que je ne parle ni d'Ile de France ni de Belle Ile en Mer Marie-Galaaaante, Saint-Vincent loin Singapour, Seymour, Ceylan, mais j'ai bien envie de m'appeler La Belle Iloise, pour le coup. Pas que je sois un canon de beauté, loin de là (d'ailleurs, la Belle Iloise, c'est aussi bien le nom d'une habitante de Belle Ile que le nom d'une conserverie de...thons, oui oui), mais c'est juste histoire de rire un peu (oh oui! rions ensemble!) (non, je ne suis pas folle), parce que L'île, que la Baie de Somme n'est pas très très loin (la Baie l.i.l.l.o.i.s.e, haha), et tout et tout. Fin de l'aparté et de mon délire, brisons là (t'as vu comme je cause bien?). Pardon, hein, je craque. 

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La Braderie est une institution. C'est un vrai rendez-vous. C'est même presque un rite initiatique, c'est dire, quoi! Un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur, OK, mais un L'îlois allant flâner le long de la Deûle longtemps le nez dans les étals est un bon L'îlois (l'effet est moins bon, j'avoue, pardon). C'est la première année que j'habite cette ville en septembre, et avant, honte sur moi et sur toute ma descendance, j'avais jamais fait la braderie (enfin la Braderie, avec un grand B).

A coeur vaillant rien d'impossible; comme l'a dit Kamkam, il faut être un peu courageux pour faire la Braderie. Déjà, il faut s'y mettre à l'avance: normalement, officiellement, ça ne commence pas avant le samedi midi, mais dans la vraie vérité, selon les endroits, ça peut commencer dès le début de la semaine. Ca commence à vraiment bouger le jeudi/vendredi, surtout près de notre fameuse rivière régionale. Donc si on veut vraiment être dans l'ambiance, il faut en faire un peu tous les jours.

La Braderie, c'est des kilomètres et des kilomètres de gens qui vendent des trucs plus ou moins invendables, justement, de stands de nourriture cuite en plein air, comme ça, tranquille (bienvenue dans le vrai pays du kebab, j'habite juste au-dessus d'un spécimen), de gens qui marchandent comme s'ils jouaient leur vie sur un vinyle, et pleiiin de choses à voir. En voiture, évidemment, c'est in-envisageable. En métro, pour relier les lieux où on va, c'est possible. Mais le meilleur moyen d'en voir un maximum et de vivre des émotions fortes, c'est de marcher (la meilleure façon de marcher étant de mettre un pied devant l'autre et de recommencer, on est d'accord). Et un kilomètre à pied, ça useuuh ça useuh, un kilomètre à pied, ça use les souliers. Personnellement, j'ai opté pour la solution "bain de pieds au gros sel" chaque fois que je suis rentrée chez moi. La volonté, c'est d'avoir une vision selon laquelle ton corps peut souffrir et ton esprit ne pas le percevoir. Tout est question de self-control...

Ensuite, et surtout dans le centre et le samedi/dimanche en milieu de journée, il y a énormément de monde. Voire trop. C'est assez insupportable, faut dire. Des gens partout, tout le temps, qui se promènent parfois avec des diables, des poussettes, des gros objets dans les bras. Il faut avoir le goût de l'aventure et du sur-place, sinon on perd vite patience. Tu ne pourras pas crier tout à coup "go go Gadget" et te téléporter grâce à ta super plate-forme de déplacement intersidéral (et c'est bien dommage).

Les moules, les frites (et la bière, mais ça c'est tout le temps, on est tous des alcooliques consanguins de toute façon, c'est bien connu xD), ça fait partie du patrimoine. Toi, Parisien, Breton, Toulousain, Marseillais, Lyonnais même, qui me lis: tu ne pourras pas y échapper. Au même titre que l'accent, ou que le P'tit Quinquin, le moules-frites de la Braderie, c'est la tradition, le folklore, que dis-je! La Culture (avec un grand Cul)! pour les Beaux Îlois (je suis partie tellement loin dans mon trip que plus rien ne m'arrête, tavu). C'est sacrilège, péché de ne pas manger 

La Braderie, c'est un peu les soldes pour les magasins: ils se mettent à tenir des échoppes devant leurs devantures avec des promos alléchantes. Mais pour autant, si je devais rédiger un guide du parfait petit bradeux, je te dirais, à toi lecteur, de ne pas tomber dans tous les panneaux! La Braderie, c'est des pros qui vendent moins cher, et des amateurs qui se permettent de vendre très cher parce que c'est "vintage". Cette année, j'étais tombée en amour avec les vieilles cartes qu'on avait dans les écoles avant, tu sais, qui recouvraient tout un mur: verdict, 75€ l'une, soit au moins aussi cher qu'en boutique. J'ai renoncé. Il y a des tentations partout, c'est le jardin d'Eden, avec plein de serpents, + la sorcière de Blanche-Neige qui te disent "croque la pomme" tous en choeur! Mais sache résister. Résiste, prouve que tu existes. Ou alors, apprend à marchander: laisse-toi aller bébé, mais en demandant le juste prix (et tu gagneras la vitrine) (décidément, sauras-tu retrouver toutes les références bizarres dans cet article?): point trop n'en faut, on essaie pas d'arnaquer les gens non plus, on s'appelle pas Un Trésor dans votre Maison non plus, mais on a le droit de discuter les prix raisonnablement.

En tout cas, c'est un lieu d'expérimentation: il faut oser faire des choses un peu extravagantes (pas trop non plus, la police is watching you), se lâcher, s'amuser en un mot :) 

 

Voilà pour ce "5 trucs sur la Braderie" avec presque deux mois de retard (mais ça vous fait revivre le mois de septembre, c'est cool non?). See you soon (j'espère)!