Voici venu le premier jour du reste de ma vie (non, rien n'est trop grandiloquent pour cette occasion... Et j'écris ce que je veux, d'abord, c'est mon blog!).

C'était donc il y a trois semaines, mais j'ai beaucoup (beaucoup) de boulot, et je n'arrrive pas à écrire d'article très court, alors j'ai pas eu le temps avant... Je vous jure que je vais essayer d'avoir un rythme. Mais là c'est compliqué... D'ailleurs j'avais écrit une introduction à cet article un jour mais je ne sais pas ce que j'en ai fait: elle a dû disparaître dans toutes les modifications et les copiers-collers de la genèse de cet article. Désolée donc, j'essaierai d'être plus marrante un autre jour mais mon intro du feu de Dieu m'a été enlevée par les flammes de l'enfer et de la manipulation informatique... --'

Déjà, je me dois de rétablir une vérité que j'ai écorchée: le bâtiment B a cette année changé de numérotation pour s'aligner sur celle du bâtiment A, avec les étages! (Si tu t'en fous, c'est rien; si tu ne comprends pas ce que je veux dire, relis mon antépénultième article -enfin l'avant dernier, quoi- et si t'es fier d'être un de mes lecteurs tape dans tes mains). Voilà, pardon. C'est pas dit que ce soit logique, hein. Mais c'est déjà ça. On progresse. Petit pas par petit pas, mais on progresse. Un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour L'île TheThird.

 

Le lundi, j'ai un seul cours (c'est le seul jour qui soit fixe, je vous ai dit que mon emploi du temps changeait toutes les semaines, donc c'est aussi pour ça que j'ai attendu deux trois semaines pour parler de la rentrée... Ca et le boulot, en fait, mais on en reparlera, parce que je sens que cet article va être pléthorique). La première semaine, j'étais motivée, mais aussi stressée, inquiète, chamboulée. Je voulais voir comment ça allait se passer. J'étais donc aussi forte en pression qu'une canette de Coca secouée quand j'ai assisté à mon premier cours. Le premier de mon master, le premier de la première semaine du premier semestre de ma première année de master même!

Un cours annoncé sur la brochure comme "autoformation en anglais". Un terme plus ou moins obscur pour une réalité elle-même relativement peu claire: on nous a présenté le concept, puis on a discuté une heure avec une tutrice anglaise (avec qui on va parler une heure chaque semaine jusqu'à la fin des temps du semestre au moins). Le concept, c'est "faites un test de positionnement en anglais, puis en rapport avec les résultats, fixez-vous des objectifs, faites en sorte de trouver un planning d'activités qui vous amène à remplir ces objectifs". En gros, on se démerde et on fait ce qu'on veut, en fait. C'est vendu comme un cours qui nous fait réfléchir sur notre expérience d'élève (enfin d'apprenant, pardon: en master FLE -et en enseignement, peut-être aussi, manifestez-vous si on vous oblige à dire "apprenant" pour "élève") en langue, qui nous fait travailler sur des objectifs, des projets personnels... Mais franchement, sur moi, ça marche moyennement. C'est intéressant en soi, hein, mais j'ai pas d'objectifs réels en anglais, je sais que je sais comprendre et me faire comprendre, alors à part acquérir des connaissances spécifiques sur la didactique des langues, ou savoir lire de la recherche en didactique en langue anglaise, j'avais rien à viser, et du coup c'est un peu artificiel, je trouve... Surtout qu'on doit tenir un journal de bord qui sera noté: en gros, on simule l'apprentissage authentique, mais on doit se conformer à un certain cadre. Bref, 13/20 pour ce "cours" qui est plus un processus qu'un cours... 

La première semaine c'était donc une présentation, la deuxième semaine et cette semaine on a discuté avec la tutrice, et cette semaine j'avais aussi rendez-vous avec la prof référente pour "faire le point" et avec la tutrice pour une conversation à deux ou trois pour qu'on puisse chacun vraiment parler.

Le mardi, la première semaine j'ai eu seulement le cours de sémantique (linguistique) l'après-midi, et la deuxième semaine, j'ai eu linguistique et cours de multimédia le matin. La troisième semaine, on peut même faire un jeu pour savoir ce que j'ai eu, tellement ça reprend l'idée d'alternance: j'ai donc seulement eu... Multimédia!

La linguistique, j'avoue, j'y suis allée un peu en traînant les pieds: je savais que la prof était chouette, sympa, dynamique et tout, mais je savais aussi qu'elle partait dans tous les sens (ce qui est moyennement sympa dans un cours de linguistique, mais plus en didactique où je l'avais l'année dernière); j'allais avoir 4 heures de cours (oui, QUATRE d'affilée, c'était nouveau pour moi) , j'étais donc d'une motivation moyenne. Franchement, les gens autour de moi ont aimé. Moi je ne dirais pas que j'ai détesté: c'est juste que c'est un peu jargonnant, on cite plein de théoriciens aux noms rigolos (coucou Galisson) (je m'amuse comme je peux, je vous rappelle que le cours dure 4 heures, faut bien faire passer le temps), je suis pas sûre de saisir vraiment en quoi consiste le dossier à faire en groupe qui nous sert d'évaluation et j'ai une passion modérée pour la linguistique en général (même si là c'est centré sur les textes). Ce cours est révélateur de deux lubies de mes profs de FLE: ils adooorent les définitions (genre on définit Champ lexical, Texte, et ainsi de suite, et ça dure, et ça traîne en longueur), et même si c'est nécessaire, franchement à force c'est gavant, et aussi ils adoooorent encore plus les travaux de groupe (c'est une question de goût personnel, mais perso c'est pas mon truc, j'y reviendrai dans un futur article). 

Le multimédia, c'était un peu "Rendez-vous en terre inconnue": cours d'anglais, je connaissais, cours de linguistique, j'y avais déjà goûté: mais cours d' "Outils multimédia et enseignement/apprentissage du FLE", c'est une exclu totale dans ma vie. Je ne savais pas à quoi m'attendre. On a eu quelques définitions et un petit peu de cours théorique, mais on a surtout pris en main les outils multimédia à disposition sur notre Environnement Numérique de Travail. C'était des choses très connues pour les 3/4 d'entre nous (savoir utiliser le chat, le forum, le glossaire, le wiki), mais on a eu un regard nouveau sur elles du coup: jusque-là, on ne s'en servait que comme élèves, mais là on a réfléchi sur l'intérêt pédagogique de ces petites choses, et c'est intéressant. A part la prof que je n'arrive pas à apprécier pour le moment, c'était sympa. Pas le truc du siècle, mais vraiment intéressant, qui va nous servir tous les jours dans notre vie d'enseignant et assez agréable en plus. Et la semaine 3, on a défini des critères qui nous permettent de juger et d'évaluer aussi des logiciels ou des sites: la semaine prochaine, on a le premier travail noté en contrôle continu, et c'est une analyse de CD-Rom d'apprentissage des langues. C'est sympa. Le truc c'est que ça doit faire 4000 signes maximum (une page, quoi), et que ça c'est de la grosse marrade, mais sinon, ça peut être intéressant. La prof ne me revient toujours pas, par contre.

Le mercredi, la première semaine je n'ai pas eu cours, mais la deuxième, j'ai eu les trois cours qui composent cette grosse journée (parce que ce que j'ai oublié de préciser, c'est que je n'ai qu'un seul cours de deux heures, et que tous les autres sont de trois heures, sauf l'heure de conversation anglaise et les 4 heures de sémantique, donc pour le mercredi ça fait quand même 9h de cours au maximum, c'est pas mal). La troisième semaine j'ai eu seulement les deux cours de l'après-midi.

En premier, le matin, j'ai eu cours de "Pratiques enseignantes: l'observation". L'idée est, pour le coup, hyper cool: on va observer des classes, noter des choses sur comment se passe le cours, comment se fait la gestion de classe, toussa toussa, au Département des Français de l'Étranger dans la fac ou dans un centre de langues de L'île. On est par groupes (encore), et on doit en faire un dossier à la fin du semestre. Je sais pas ce qu'on va faire de tout notre semestre étant donné que le plus gros du boulot repose sur l'observation en elle-même (que mon groupe fait ce mardi, suspense! pendant 3 heures au centre de langues, affaire à suivre). Mais l'idée est top et regarder une classe et son fonctionnement, ça me plaît grave, a priori. To be continued...

Ensuite, on a cours d'acquisition. La prof est étrangère (j'aime ce concept, ma fac est bien classée pour ce critère parmi les facs de France), et accessoirement totalement dépassée par la situation. Elle est très très gentille, ce qu'elle dit est vraiment intéressant (les questions d'acquisition sont celles qui m'intéressent le plus, alors je misais beaucoup sur ce cours), le contenu me passionne presque, mais sa façon de faire est juste pas jouable. La première semaine, on s'est dit que c'était le début, que Madame était timide et essyait d'entrer progressivement dans la classe, mais la deuxième... Tout est écrit sur son outil magique: le PowerPoint, du coup on passe 3 heures à lire et à éventuellement ajouter quelques détails sur ce qui est écrit. Donc c'est long. Cette semaine on a aussi lu silencieusement un article qu'elle nous a distribué: cette pratique m'échappe. La concentration est difficile. Bref, ça pourrait être un feu d'artifice mais ça ressemble surtout à un pétard mouillé. Je ne sais plus quoi penser...

Et enfin, pour bien terminer la journée, la phonologie! Chouette, la linguistique! (ironie inside). On vient de terminer 3 heures d'acquisition que déjà nous sommes en route pour la phonologie (oui oui, on enchaîne 6 heures comme ça, logique, normal, quoi). La première semaine, on s'est préparés psychologiquement a avoir ce cours. Plein de gens ont choisi de ne pas l'avoir (on choisit 2 cours sur 3 en linguistique). En fait ça va très vite. Trèèèès très vite. J'ai jamais fait de phonétique, ni de phonologie: je suis un peu larguée. Mais j'ai un traducteur phonologie-Français à côté de moi en cours, il m'aide, il est gentil, il me soutient dans ce moment difficile. Merci pour lui, applaudissements pour ses prouesses s'il vous plaît! Mon horizon s'éclaire donc grâce à sa lanterne, 'voyez. Mais bon. C'est super intéressant. Mais super dur. Bref, on verra.

Le jeudi, j'ai eu une fois le cours du matin seulement, une fois le cours de l'après-midi seulement, et comme vous avez compris le système, vous pouvez dire dès à présent avec moi que j'ai eu les deux cours la troisième semaine.

Le matin, c'est le cours de "Lecture et écriture littéraires". Alléchant hein? Surtout quand on vient de Lettres Modernes... Sauf que non. Le prof est le même que celui qu'on a eu au premier semestre l'an passé et on sait qu'il est, comment dire... Très timide, très maniaque, très angoissé, et très désordonné à la fois. C'est un chercheur qui réussit, sa bibliographie est impressionnante, mais enseigner, ça le paralyse. On peut le comprendre. Mais c'est un peu ballot quand même, pour un didacticien. Sinon, son cours est lui aussi bizarroïde: on travaille donc sur un truc qui s'appelle "métaphore conceptuelle". Je ne vous en dis pas plus? Si? Bon. Alors sachez que "l'intro contient beaucoup d'idées" est une métaphore: bah oui, l'intro n'est pas un objet qui peut contenir quelque chose, c'est métaphorique! Voilà. Ca soule un peu tout le monde. Mais ça partait d'une bonne intention. Sauf que ça sert à rien.

 L'après-midi, on a le cours que j'aime le moins de la semaine. Celui que je zapperais si je pouvais, mais je suis obligée de le suivre parce que c'est nécessaire de le maîtriser pour être recruté. Le CECR (ou CECRL, c'est pareil); si ça vous dit un truc, grand bien vous fasse, sinon, je vous fais les présentations pour que vous soyez intimes: le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, cet oiseau de malheur, est ce qui sert à fixer les niveaux A1, B2, C1 et compagnie en langue, de façon européenne (sinon, lisez la page Wikipédia, si ça vous passionne). On a donc 24 heures de cours ce semestre sur... le cadre. Le cadre ceci, le cadre cela. J'adhère pas, mais alors pas du tout. Je conçois que ce soit utile, mais c'est jargonnant, ça tourne en rond, la prof rigole toute seule surtout quand c'est pas drôle (c'est la même que celle de multimédia). Bref, j'y arrive pas.

Le vendredi, enfin (ça devient long, là, mais on y presque!), j'ai deux cours. J'ai pratiques de classe le matin et anthropologie l'après-midi.

En "pratiques de classe", on alterne deux profs une fois sur deux. Avec l'une, on travaille sur la crise pédagogique et sa résolution en se basant sur des études de cas qui nous sont propres (tout le monde en a rédigé une ou deux), c'est cool, c'est vraiment utile, on travaille la gestion de classe, on apprend vraiment des choses. Avec l'autre, tout est désordonné, on fait des présentations orales et ça me gonfle. C'est un cours à géométrie variable, quoi. Mais en soi, c'est pratique et c'est classe (hahaha, sauras-tu retrouver le jeu de mots inside?).

Et, last but not least, icing on the cake, cherry on the cake: l'anthropologie. Enfin le cours de "culture au quotidien" normalement. Sauf que la prof est nouvelle: elle remplace l'ancien prof parti en retraite. Donc plutôt que d'avoir un cours sympa sur l'intérêt de la culture en classe de langue ou je ne sais quoi, on se tape un cours d'anthropo pure et dure (surtout dure en fait). L'anthropologie, donc. C'est long. C'est chiant. C'est fatiguant. On a tout le temps des travaux à faire (alors que c'est un cours vraiment minoritaire dans le cursus, c'est pas pour nous, alors y passer des heures, peut-être pas non plus). Genre là on a un article de 17 pages à lire et des questions associées auxquelles répondre. Elle a des critères vraiment chelous, aussi, et super pointilleux, parce qu'on doit faire un exposé oral, en binôme, en une certaine police, certaine taille de caractères, avec en diapo 1 telle chose, diapo 2 telle chose etc. C'est l'un des cours les plus terribles de la semaine, sérieusement.

 

Je m'arrête là pour l'instant, parce que ça suffit comme ça! ^^

Et vous alors? Manifestez-vous si vous êtes arrivés jusqu'à la fin de cet article, parce que là je me sens un peu seule sur ce blog...