Et M1tenant...

01 décembre 2013

Master FLE #2: le rythme scolaire (ou l'histoire de ma classe: rhythm and blues)

Bon, ok, à la base j'avais décidé d'ouvrir un blog pour raconter mon master FLE parce que quand j'avais voulu avoir des retours sur ce master, j'en avais pas trouvé qui soit continu et que je voulais que le mien puisse apporter aux autres ce que moi j'avais pas eu. Ok, j'avoue que j'avais des idées et des idéaux un eu élevés. Ok. 

Mais en fait, j'ai du mal. Je ne sais pas faire court et du coup je veux une structure dans un article et je veux qu'il y ait un peu à manger dans un article. J'aime bien les articles-fleuves à lire; donc je fais en sorte de les écrire. Mais là, c'est un aveu d'échec. Mes grandes espérances gisent à mes pieds, tandis que j'agonise (comprenne qui pourra, private joke pour littéraires inside ^^). J'exagère, évidemment (mais bon quand même, cette semaine une fille s'est mise à pleurer dans ma classe, et deux jours plus tard un garçon a fait une crise d'angoisse. Sinon, c'est cool le master. Ca va.). Mais sinon c'est pas drôle...

Tout ça pour dire que je me dis que je vais faire un blog mensuel, et que si je suis motivée les vacances verront fleurir des articles comme des boutons sur la gueule d'un adolescent. On ne sait pas. Mon lecteur unique chaque jour (si c'est toujours le même, respect, présente-toi, fais rêver mémé) me remerciera, je le sais, je le sens.

 

DONC. Le rythme du master sera le sujet de cet article, qui va déchaîner la passion de la foule en délire (si si, motivez-vous un peu, enfin!). Vous avez le droit de commenter, si ça vous chante (je me sentirais un peu moins seule, même pour me dire "tais-toi" ça sera déjà ça, vous voyez). =)

J'ai prévu de vous parler de la recherche de stage avant de partir en stage, justement, de l'orientation pro/recherche, du bénévolat que je fais, des transports en commun et des travaux de groupe vs les travaux solos. Donc, si vous m'avez suivie, normalement au pire du pire, on aura parlé de tout ça d'ici avril. On y croit très fort et on serre ses petits doigts.

Sinon, sur le sujet rythme, et transition prépa/fac, allez lire Sarah si vous ne l'avez pas encore fait, on a des points de vue relativement différents, c'est l'intérêt :)

 

Revenons-en à nos moutons. Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin (Anaïs, khâgne Lyon 2011-2012) que je suis, mes moutons, ce sont donc la didactique, la linguistique et la culture (hic) (c'est pour la rime). Mon master a un emploi du temps étrange, comme je vous l'ai déjà dit: toutes les semaines, il faut vérifier à quoi la semaine suivante ressemblera. C'est amusant; trois semaines. Après, c'est vite gavant. L'organisation, c'est compliqué. Voir à l'avance, c'est compliqué. C'est un challenge de tous les instants. Un Kinder surprise.

En dehors de ça, j'ai donc entre 16 (dans des cas extrêmes, et rares) et 27 (dans des cas encore plus extrêmes et rares) heures de cours par semaine. C'est immense par rapport au M2 recherche de ma fac dans ma filière (et d'après ce que je comprends, par rapport aux M1 recherche en général), et à peu près équivalent aux M1 enseignement (qui ont même  peut-être un peu plus d'heures). 

Les cours, souvent, sont longs un peu pour rien. Mon cours de sémantique était un océan de répétitions et de redondances. Mon cours d'observation est inutile (on pourrait observer sans cours). Après, certains cours sont probablement intéressants, mais ne me passionnent pas personnellement: le multimédia et le cours sur le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, par exemple, ou le concept d'autoformation, ne me captivent pas. Mon cours de phonologie est incompréhensible (à part ça j'ai DS mercredi. La vie est belle! Je ne suis que joie et bonheur!). Mon cours d'acquisition se passe sur PowerPoint uniquement, ce qui est un peu ballot parce que les PPT sont accessibles depuis chez nous et que la prof ne fait que les lire en cours, mais le contenu est whahou. Les pratiques de classe se décomposent en une partie grave utile et une partie complètement inutile, ce qui est dommage, mais au moins ça nous fait nous poser des questions chouettes. L'anthropologie a été sans aucun intérêt au fil du semestre. La littérature a été un cours bizarroïde, mais le dossier est intéressant et en tant que lettres modernes, ça fait plaisir.

Le master a un rythme particulier. Si j'ai eu envie d'écrire cet article, c'est parce que ma classe dit "on a TROP de boulot, truc de dingue", "c'est la période de tous les dossiers là", "mais comment tu fais pour pas stresser?". Et je comprends pas. Je vais peut-être m'attirer les foudres de Zeus, de l'Olympe entière (et de Météo France avec), mais je comprends pas comment on peut arriver en master et se dire "ah bah mince, j'ai 25h de cours par semaine, entre 5 et 20h de boulot hors cours selon les gens, et je m'en sors pas".

Beaucoup de gens ont des boulots alimentaires hors cours. Soit. Certains de ces gens-là sont du genre à gérer, justement, et à savoir s'organiser (et d'autres se vautrent totalement en angoissant H24 et en stressant tout le monde autour). Alors comment des personnes qui n'ont pas de petit boulot, ou qui font un baby-sitting par semaine, ou bossent occasionnellement le week-end, peuvent autant galérer?

Le rythme est soutenu. Dire le contraire reviendrait à se voiler la face. Je ne comprends pas comment on peut dire aux prépas "hey, la fac c'est cool, ça va aller eaaasy". Beaucoup d'heures de présence aux cours, beaucoup de travail en dehors de l'enceinte de la fac sont nécessaires. Parce que ce mythe du "on peut sécher, ça se rattrape", j'ai du mal à saisir. A part mes deux ou trois cours où on peut se permettre de s'absenter, franchement, j'ai du mal à voir comment apprendre soi-même à faire ce qu'on fait et à apprendre des contenus enseignés en cours chez soi. Et chacun de mes cours se solde par un dossier de 15 pages à rendre en groupe, des DM chauds bouillants, des lectures d'articles en veux-tu en voilà.

J'ai du mal avec les extrêmes (dans la vie comme dans cet exemple): je ne comprends pas qu'on puisse dire que le rythme du master n'est pas difficile et je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on dise qu'il est insupportable. J'ai l'impression d'être retournée en HK. Je ne suis pas angoissée comme un nombre croissant de mes camarades, mais y'a du boulot. Du coup j'ai du mal avec cette idée qu'on mythifie la prépa. Non, la prépa n'était pas plus dure. J'ai des profs exigeants en fac aussi. Arrêtons de glorifier les HK et les KH. Ce que vous faites, ce que j'ai fait, c'est bien: c'est un entraînement à un certain nombre d'exercices, avec une classe souvent assez sympa, qui invite à se spécialiser dans une thématique précise de chaque matière. La prépa, c'est des élèves et des profs investis. Mais finalement, où est la différence avec la fac, la vraie différence, celle qui fera l'unanimité? J'ai des profs tout aussi engagés dans la progression des élèves et tout aussi encadrants qu'en prépa. Ma classe est une classe aussi réduite que celle que j'avais en KH. Mes profs connaissent mon prénom (enfin pas tous, mais certains sont plus magistraux que d'autres: sur 7 profs -enfin 9 parce que certains cours se font avec deux profs, mais sur ces deux cas, il y a un chef et un suiveur :)- 5 connaissent mon prénom): en licence, la fac est anonyme, mais en master?

Finalement, ma conclusion est donc la suivante: pour moi, le master, c'est la prépa avec des spécificités organisationnelles liées à la fac, un lieu plus grand où se côtoient des gens certainement plus différents qu'en prépa (bien que dans ma prépa, on était beaucoup de boursiers et que nos profils étaient variés), et où on a plus de services (ceci est toujours personnel), avec une spécialisation dans un domaine, mais une variété proposée et non plus imposée. En prépa, on a forcément une langue morte en première année, de la géo, de l'histoire, de la philo, une langue vivante. Tant pis si on est nuk, tant pis si on n'aime pas ça: j'ai aimé ça, personnellement. Mais à la fac, ici, je ne suis que des cours de didactique des langues et des cultures, un peu aménagés évidemment selon les UE. Par contre, plein d'associations, de vie culturelle, sportive, de possibilités existent. C'est à soi de composer son programme. Alors, l'indétermination de la première année de prépa, ça reste un atout ou pas? Pour ceux qui savent ce qu'ils veulent faire, est-ce que c'est vraiment bien? J'aime ça, je le répète, ça m'a intéressée et ça m'a plu. Mais finalement, ça reste contestable. Il faut voir plus loin que le bout de son nez: oui, la prépa c'est chouette. Mais le système a ses failles et n'est pas unique. Pensez-y si vous hésitez entre les deux! J'aime les deux, mais ça peut être un axe de réflexion.

J'ai cours tous les jours. Si on part sur une semaine-type où j'aurais tous les cours, on peut présenter mon emploi du temps comme suit: le lundi, je n'ai qu'une heure de cours (l'autoformation), mais certains ont aussi 3 heures de linguistique de plus, le matin. Le mardi, j'en avais 6 (là, le semestre se finit). Le mercredi, 8 et demi. Le jeudi, 5. Et le vendredi, 6. En licence, dans ma fac, le lundi et le vendredi sont assez épurés, en général. En master, on retrouve un équilibre approximatif, et on retrouve une semaine avec du boulot et de la présence tous les jours. Ca me semble plutôt pas mal: l'organisation me paraît plus simple comme ça.

Les cours font souvent 3h. Au début, on trouve ça immense. On a l'impression d'avoir un désert devant soi quand on commence. En prépa, j'avais souvent deux heures, et en L3, une heure ou une heure et demie, sauf pour la linguistique: ça surprend un peu, le rythme est différent. Mais c'est un rythme à prendre. C'est comme quand on découvre qu'on a des DS de 6h en prépa, puis qu'on aura seulement 4h en fac: au début ça choque, et puis on s'adapte. Le tout, c'est d'accepter que ce qu'on a connu avant n'est pas forcément LA solution ultime. L'avantage des cours de 3heures, c'est aussi qu'on traite un sujet selon ce format, qu'on a plus le temps de sortir du cadre (ce qui n'est pas trop le cas en licence ou en prépa quand on a un concours à la fin de l'année), et qu'on peut faire différentes choses en cours (travail en petit groupe, en grand groupe, exposé). Le format est intéressant du coup. C'est un pli à prendre...

Rien n'est insurmontable. Il y a du boulot. Il y a des choses qu'on peut dire plus facilement qu'en prépa, et d'autres qu'on ne peut pas dire parce qu'on a fait une prépa. Il y a des cours lents où on brasse du vent et des cours qui s'adaptent au rythme du groupe. Il y a des gens passionnants, qui savent faire alliance entre profession véritable et théorie (nos profs ont enseigné le FLE, beaucoup des élèves de ma classe ont déjà enseigné, certains sont en complément de formation: les profils sont variés et ça, c'est vraiment cool). Il y a de tout. Des défauts, oui, à la pelle, on en trouve dans mon master: mais plein de qualités aussi.

 

Et vous alors? Racontez :)

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28 octobre 2013

Chroniques de l'insularité #1: la Braderie de L'île

Hey :) Je suis désolée de vous avoir abandonnés tant de jours de cette façon, mais j'ai eu tellement de choses à faire que j'ai cru être retournée en prépa (si, si. Pourtant je suis pas follement désorganisée, même plutôt l'inverse, mais bon...). J'espère avoir le temps de vous parler 1) des transports en commun, 2) des travaux solos et des travaux de groupe, 3) de la recherche de stage bientôt, mais je ne peux rien promettre aux 3 ou 4 fidèles lecteurs qui sont très patients et reviennent tous les jours (je vous vois... Je ne sais pas qui vous êtes mais chapeau les gars! ^^). Donc bon, je suis pas du tout régulière en ce moment mais je ne me contrains pas non plus (je préfère dormir la nuit, vous voyez), so... On verra bien ce que ça donne cette année!

Si vous suivez un peu les infos de la province ou que vous lisez Kamkam, vous savez qu'à L'île, on a une graaande braderie tous les ans, le premier dimanche du mois de septembre. Mais pas 'grande' genre 10 kilomètres, non. Genre énooooorme. 2 millions de visiteurs environ, des milliers d'étals, plein de rues bloquées, bref, la folie. Je voulais écrire un article à ce sujet au moment où ça s'est passé, mais ça s'est pas fait. Cependant, comme j'avais promis d'écrire cet article, chose promise chose due! le voici.

Je décide donc d'inaugurer une toute nouvelle catégorie, les Chroniques de l'insularité. Vous avez bien compris que je ne parle ni d'Ile de France ni de Belle Ile en Mer Marie-Galaaaante, Saint-Vincent loin Singapour, Seymour, Ceylan, mais j'ai bien envie de m'appeler La Belle Iloise, pour le coup. Pas que je sois un canon de beauté, loin de là (d'ailleurs, la Belle Iloise, c'est aussi bien le nom d'une habitante de Belle Ile que le nom d'une conserverie de...thons, oui oui), mais c'est juste histoire de rire un peu (oh oui! rions ensemble!) (non, je ne suis pas folle), parce que L'île, que la Baie de Somme n'est pas très très loin (la Baie l.i.l.l.o.i.s.e, haha), et tout et tout. Fin de l'aparté et de mon délire, brisons là (t'as vu comme je cause bien?). Pardon, hein, je craque. 

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La Braderie est une institution. C'est un vrai rendez-vous. C'est même presque un rite initiatique, c'est dire, quoi! Un chasseur sachant chasser sans son chien est un bon chasseur, OK, mais un L'îlois allant flâner le long de la Deûle longtemps le nez dans les étals est un bon L'îlois (l'effet est moins bon, j'avoue, pardon). C'est la première année que j'habite cette ville en septembre, et avant, honte sur moi et sur toute ma descendance, j'avais jamais fait la braderie (enfin la Braderie, avec un grand B).

A coeur vaillant rien d'impossible; comme l'a dit Kamkam, il faut être un peu courageux pour faire la Braderie. Déjà, il faut s'y mettre à l'avance: normalement, officiellement, ça ne commence pas avant le samedi midi, mais dans la vraie vérité, selon les endroits, ça peut commencer dès le début de la semaine. Ca commence à vraiment bouger le jeudi/vendredi, surtout près de notre fameuse rivière régionale. Donc si on veut vraiment être dans l'ambiance, il faut en faire un peu tous les jours.

La Braderie, c'est des kilomètres et des kilomètres de gens qui vendent des trucs plus ou moins invendables, justement, de stands de nourriture cuite en plein air, comme ça, tranquille (bienvenue dans le vrai pays du kebab, j'habite juste au-dessus d'un spécimen), de gens qui marchandent comme s'ils jouaient leur vie sur un vinyle, et pleiiin de choses à voir. En voiture, évidemment, c'est in-envisageable. En métro, pour relier les lieux où on va, c'est possible. Mais le meilleur moyen d'en voir un maximum et de vivre des émotions fortes, c'est de marcher (la meilleure façon de marcher étant de mettre un pied devant l'autre et de recommencer, on est d'accord). Et un kilomètre à pied, ça useuuh ça useuh, un kilomètre à pied, ça use les souliers. Personnellement, j'ai opté pour la solution "bain de pieds au gros sel" chaque fois que je suis rentrée chez moi. La volonté, c'est d'avoir une vision selon laquelle ton corps peut souffrir et ton esprit ne pas le percevoir. Tout est question de self-control...

Ensuite, et surtout dans le centre et le samedi/dimanche en milieu de journée, il y a énormément de monde. Voire trop. C'est assez insupportable, faut dire. Des gens partout, tout le temps, qui se promènent parfois avec des diables, des poussettes, des gros objets dans les bras. Il faut avoir le goût de l'aventure et du sur-place, sinon on perd vite patience. Tu ne pourras pas crier tout à coup "go go Gadget" et te téléporter grâce à ta super plate-forme de déplacement intersidéral (et c'est bien dommage).

Les moules, les frites (et la bière, mais ça c'est tout le temps, on est tous des alcooliques consanguins de toute façon, c'est bien connu xD), ça fait partie du patrimoine. Toi, Parisien, Breton, Toulousain, Marseillais, Lyonnais même, qui me lis: tu ne pourras pas y échapper. Au même titre que l'accent, ou que le P'tit Quinquin, le moules-frites de la Braderie, c'est la tradition, le folklore, que dis-je! La Culture (avec un grand Cul)! pour les Beaux Îlois (je suis partie tellement loin dans mon trip que plus rien ne m'arrête, tavu). C'est sacrilège, péché de ne pas manger 

La Braderie, c'est un peu les soldes pour les magasins: ils se mettent à tenir des échoppes devant leurs devantures avec des promos alléchantes. Mais pour autant, si je devais rédiger un guide du parfait petit bradeux, je te dirais, à toi lecteur, de ne pas tomber dans tous les panneaux! La Braderie, c'est des pros qui vendent moins cher, et des amateurs qui se permettent de vendre très cher parce que c'est "vintage". Cette année, j'étais tombée en amour avec les vieilles cartes qu'on avait dans les écoles avant, tu sais, qui recouvraient tout un mur: verdict, 75€ l'une, soit au moins aussi cher qu'en boutique. J'ai renoncé. Il y a des tentations partout, c'est le jardin d'Eden, avec plein de serpents, + la sorcière de Blanche-Neige qui te disent "croque la pomme" tous en choeur! Mais sache résister. Résiste, prouve que tu existes. Ou alors, apprend à marchander: laisse-toi aller bébé, mais en demandant le juste prix (et tu gagneras la vitrine) (décidément, sauras-tu retrouver toutes les références bizarres dans cet article?): point trop n'en faut, on essaie pas d'arnaquer les gens non plus, on s'appelle pas Un Trésor dans votre Maison non plus, mais on a le droit de discuter les prix raisonnablement.

En tout cas, c'est un lieu d'expérimentation: il faut oser faire des choses un peu extravagantes (pas trop non plus, la police is watching you), se lâcher, s'amuser en un mot :) 

 

Voilà pour ce "5 trucs sur la Braderie" avec presque deux mois de retard (mais ça vous fait revivre le mois de septembre, c'est cool non?). See you soon (j'espère)!

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04 octobre 2013

Master FLE#1: la rentrée (et ses bonheurs de tous les instants) - Autoformation, observation, acquisition, lexicon... Jargon!

Voici venu le premier jour du reste de ma vie (non, rien n'est trop grandiloquent pour cette occasion... Et j'écris ce que je veux, d'abord, c'est mon blog!).

C'était donc il y a trois semaines, mais j'ai beaucoup (beaucoup) de boulot, et je n'arrrive pas à écrire d'article très court, alors j'ai pas eu le temps avant... Je vous jure que je vais essayer d'avoir un rythme. Mais là c'est compliqué... D'ailleurs j'avais écrit une introduction à cet article un jour mais je ne sais pas ce que j'en ai fait: elle a dû disparaître dans toutes les modifications et les copiers-collers de la genèse de cet article. Désolée donc, j'essaierai d'être plus marrante un autre jour mais mon intro du feu de Dieu m'a été enlevée par les flammes de l'enfer et de la manipulation informatique... --'

Déjà, je me dois de rétablir une vérité que j'ai écorchée: le bâtiment B a cette année changé de numérotation pour s'aligner sur celle du bâtiment A, avec les étages! (Si tu t'en fous, c'est rien; si tu ne comprends pas ce que je veux dire, relis mon antépénultième article -enfin l'avant dernier, quoi- et si t'es fier d'être un de mes lecteurs tape dans tes mains). Voilà, pardon. C'est pas dit que ce soit logique, hein. Mais c'est déjà ça. On progresse. Petit pas par petit pas, mais on progresse. Un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour L'île TheThird.

 

Le lundi, j'ai un seul cours (c'est le seul jour qui soit fixe, je vous ai dit que mon emploi du temps changeait toutes les semaines, donc c'est aussi pour ça que j'ai attendu deux trois semaines pour parler de la rentrée... Ca et le boulot, en fait, mais on en reparlera, parce que je sens que cet article va être pléthorique). La première semaine, j'étais motivée, mais aussi stressée, inquiète, chamboulée. Je voulais voir comment ça allait se passer. J'étais donc aussi forte en pression qu'une canette de Coca secouée quand j'ai assisté à mon premier cours. Le premier de mon master, le premier de la première semaine du premier semestre de ma première année de master même!

Un cours annoncé sur la brochure comme "autoformation en anglais". Un terme plus ou moins obscur pour une réalité elle-même relativement peu claire: on nous a présenté le concept, puis on a discuté une heure avec une tutrice anglaise (avec qui on va parler une heure chaque semaine jusqu'à la fin des temps du semestre au moins). Le concept, c'est "faites un test de positionnement en anglais, puis en rapport avec les résultats, fixez-vous des objectifs, faites en sorte de trouver un planning d'activités qui vous amène à remplir ces objectifs". En gros, on se démerde et on fait ce qu'on veut, en fait. C'est vendu comme un cours qui nous fait réfléchir sur notre expérience d'élève (enfin d'apprenant, pardon: en master FLE -et en enseignement, peut-être aussi, manifestez-vous si on vous oblige à dire "apprenant" pour "élève") en langue, qui nous fait travailler sur des objectifs, des projets personnels... Mais franchement, sur moi, ça marche moyennement. C'est intéressant en soi, hein, mais j'ai pas d'objectifs réels en anglais, je sais que je sais comprendre et me faire comprendre, alors à part acquérir des connaissances spécifiques sur la didactique des langues, ou savoir lire de la recherche en didactique en langue anglaise, j'avais rien à viser, et du coup c'est un peu artificiel, je trouve... Surtout qu'on doit tenir un journal de bord qui sera noté: en gros, on simule l'apprentissage authentique, mais on doit se conformer à un certain cadre. Bref, 13/20 pour ce "cours" qui est plus un processus qu'un cours... 

La première semaine c'était donc une présentation, la deuxième semaine et cette semaine on a discuté avec la tutrice, et cette semaine j'avais aussi rendez-vous avec la prof référente pour "faire le point" et avec la tutrice pour une conversation à deux ou trois pour qu'on puisse chacun vraiment parler.

Le mardi, la première semaine j'ai eu seulement le cours de sémantique (linguistique) l'après-midi, et la deuxième semaine, j'ai eu linguistique et cours de multimédia le matin. La troisième semaine, on peut même faire un jeu pour savoir ce que j'ai eu, tellement ça reprend l'idée d'alternance: j'ai donc seulement eu... Multimédia!

La linguistique, j'avoue, j'y suis allée un peu en traînant les pieds: je savais que la prof était chouette, sympa, dynamique et tout, mais je savais aussi qu'elle partait dans tous les sens (ce qui est moyennement sympa dans un cours de linguistique, mais plus en didactique où je l'avais l'année dernière); j'allais avoir 4 heures de cours (oui, QUATRE d'affilée, c'était nouveau pour moi) , j'étais donc d'une motivation moyenne. Franchement, les gens autour de moi ont aimé. Moi je ne dirais pas que j'ai détesté: c'est juste que c'est un peu jargonnant, on cite plein de théoriciens aux noms rigolos (coucou Galisson) (je m'amuse comme je peux, je vous rappelle que le cours dure 4 heures, faut bien faire passer le temps), je suis pas sûre de saisir vraiment en quoi consiste le dossier à faire en groupe qui nous sert d'évaluation et j'ai une passion modérée pour la linguistique en général (même si là c'est centré sur les textes). Ce cours est révélateur de deux lubies de mes profs de FLE: ils adooorent les définitions (genre on définit Champ lexical, Texte, et ainsi de suite, et ça dure, et ça traîne en longueur), et même si c'est nécessaire, franchement à force c'est gavant, et aussi ils adoooorent encore plus les travaux de groupe (c'est une question de goût personnel, mais perso c'est pas mon truc, j'y reviendrai dans un futur article). 

Le multimédia, c'était un peu "Rendez-vous en terre inconnue": cours d'anglais, je connaissais, cours de linguistique, j'y avais déjà goûté: mais cours d' "Outils multimédia et enseignement/apprentissage du FLE", c'est une exclu totale dans ma vie. Je ne savais pas à quoi m'attendre. On a eu quelques définitions et un petit peu de cours théorique, mais on a surtout pris en main les outils multimédia à disposition sur notre Environnement Numérique de Travail. C'était des choses très connues pour les 3/4 d'entre nous (savoir utiliser le chat, le forum, le glossaire, le wiki), mais on a eu un regard nouveau sur elles du coup: jusque-là, on ne s'en servait que comme élèves, mais là on a réfléchi sur l'intérêt pédagogique de ces petites choses, et c'est intéressant. A part la prof que je n'arrive pas à apprécier pour le moment, c'était sympa. Pas le truc du siècle, mais vraiment intéressant, qui va nous servir tous les jours dans notre vie d'enseignant et assez agréable en plus. Et la semaine 3, on a défini des critères qui nous permettent de juger et d'évaluer aussi des logiciels ou des sites: la semaine prochaine, on a le premier travail noté en contrôle continu, et c'est une analyse de CD-Rom d'apprentissage des langues. C'est sympa. Le truc c'est que ça doit faire 4000 signes maximum (une page, quoi), et que ça c'est de la grosse marrade, mais sinon, ça peut être intéressant. La prof ne me revient toujours pas, par contre.

Le mercredi, la première semaine je n'ai pas eu cours, mais la deuxième, j'ai eu les trois cours qui composent cette grosse journée (parce que ce que j'ai oublié de préciser, c'est que je n'ai qu'un seul cours de deux heures, et que tous les autres sont de trois heures, sauf l'heure de conversation anglaise et les 4 heures de sémantique, donc pour le mercredi ça fait quand même 9h de cours au maximum, c'est pas mal). La troisième semaine j'ai eu seulement les deux cours de l'après-midi.

En premier, le matin, j'ai eu cours de "Pratiques enseignantes: l'observation". L'idée est, pour le coup, hyper cool: on va observer des classes, noter des choses sur comment se passe le cours, comment se fait la gestion de classe, toussa toussa, au Département des Français de l'Étranger dans la fac ou dans un centre de langues de L'île. On est par groupes (encore), et on doit en faire un dossier à la fin du semestre. Je sais pas ce qu'on va faire de tout notre semestre étant donné que le plus gros du boulot repose sur l'observation en elle-même (que mon groupe fait ce mardi, suspense! pendant 3 heures au centre de langues, affaire à suivre). Mais l'idée est top et regarder une classe et son fonctionnement, ça me plaît grave, a priori. To be continued...

Ensuite, on a cours d'acquisition. La prof est étrangère (j'aime ce concept, ma fac est bien classée pour ce critère parmi les facs de France), et accessoirement totalement dépassée par la situation. Elle est très très gentille, ce qu'elle dit est vraiment intéressant (les questions d'acquisition sont celles qui m'intéressent le plus, alors je misais beaucoup sur ce cours), le contenu me passionne presque, mais sa façon de faire est juste pas jouable. La première semaine, on s'est dit que c'était le début, que Madame était timide et essyait d'entrer progressivement dans la classe, mais la deuxième... Tout est écrit sur son outil magique: le PowerPoint, du coup on passe 3 heures à lire et à éventuellement ajouter quelques détails sur ce qui est écrit. Donc c'est long. Cette semaine on a aussi lu silencieusement un article qu'elle nous a distribué: cette pratique m'échappe. La concentration est difficile. Bref, ça pourrait être un feu d'artifice mais ça ressemble surtout à un pétard mouillé. Je ne sais plus quoi penser...

Et enfin, pour bien terminer la journée, la phonologie! Chouette, la linguistique! (ironie inside). On vient de terminer 3 heures d'acquisition que déjà nous sommes en route pour la phonologie (oui oui, on enchaîne 6 heures comme ça, logique, normal, quoi). La première semaine, on s'est préparés psychologiquement a avoir ce cours. Plein de gens ont choisi de ne pas l'avoir (on choisit 2 cours sur 3 en linguistique). En fait ça va très vite. Trèèèès très vite. J'ai jamais fait de phonétique, ni de phonologie: je suis un peu larguée. Mais j'ai un traducteur phonologie-Français à côté de moi en cours, il m'aide, il est gentil, il me soutient dans ce moment difficile. Merci pour lui, applaudissements pour ses prouesses s'il vous plaît! Mon horizon s'éclaire donc grâce à sa lanterne, 'voyez. Mais bon. C'est super intéressant. Mais super dur. Bref, on verra.

Le jeudi, j'ai eu une fois le cours du matin seulement, une fois le cours de l'après-midi seulement, et comme vous avez compris le système, vous pouvez dire dès à présent avec moi que j'ai eu les deux cours la troisième semaine.

Le matin, c'est le cours de "Lecture et écriture littéraires". Alléchant hein? Surtout quand on vient de Lettres Modernes... Sauf que non. Le prof est le même que celui qu'on a eu au premier semestre l'an passé et on sait qu'il est, comment dire... Très timide, très maniaque, très angoissé, et très désordonné à la fois. C'est un chercheur qui réussit, sa bibliographie est impressionnante, mais enseigner, ça le paralyse. On peut le comprendre. Mais c'est un peu ballot quand même, pour un didacticien. Sinon, son cours est lui aussi bizarroïde: on travaille donc sur un truc qui s'appelle "métaphore conceptuelle". Je ne vous en dis pas plus? Si? Bon. Alors sachez que "l'intro contient beaucoup d'idées" est une métaphore: bah oui, l'intro n'est pas un objet qui peut contenir quelque chose, c'est métaphorique! Voilà. Ca soule un peu tout le monde. Mais ça partait d'une bonne intention. Sauf que ça sert à rien.

 L'après-midi, on a le cours que j'aime le moins de la semaine. Celui que je zapperais si je pouvais, mais je suis obligée de le suivre parce que c'est nécessaire de le maîtriser pour être recruté. Le CECR (ou CECRL, c'est pareil); si ça vous dit un truc, grand bien vous fasse, sinon, je vous fais les présentations pour que vous soyez intimes: le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, cet oiseau de malheur, est ce qui sert à fixer les niveaux A1, B2, C1 et compagnie en langue, de façon européenne (sinon, lisez la page Wikipédia, si ça vous passionne). On a donc 24 heures de cours ce semestre sur... le cadre. Le cadre ceci, le cadre cela. J'adhère pas, mais alors pas du tout. Je conçois que ce soit utile, mais c'est jargonnant, ça tourne en rond, la prof rigole toute seule surtout quand c'est pas drôle (c'est la même que celle de multimédia). Bref, j'y arrive pas.

Le vendredi, enfin (ça devient long, là, mais on y presque!), j'ai deux cours. J'ai pratiques de classe le matin et anthropologie l'après-midi.

En "pratiques de classe", on alterne deux profs une fois sur deux. Avec l'une, on travaille sur la crise pédagogique et sa résolution en se basant sur des études de cas qui nous sont propres (tout le monde en a rédigé une ou deux), c'est cool, c'est vraiment utile, on travaille la gestion de classe, on apprend vraiment des choses. Avec l'autre, tout est désordonné, on fait des présentations orales et ça me gonfle. C'est un cours à géométrie variable, quoi. Mais en soi, c'est pratique et c'est classe (hahaha, sauras-tu retrouver le jeu de mots inside?).

Et, last but not least, icing on the cake, cherry on the cake: l'anthropologie. Enfin le cours de "culture au quotidien" normalement. Sauf que la prof est nouvelle: elle remplace l'ancien prof parti en retraite. Donc plutôt que d'avoir un cours sympa sur l'intérêt de la culture en classe de langue ou je ne sais quoi, on se tape un cours d'anthropo pure et dure (surtout dure en fait). L'anthropologie, donc. C'est long. C'est chiant. C'est fatiguant. On a tout le temps des travaux à faire (alors que c'est un cours vraiment minoritaire dans le cursus, c'est pas pour nous, alors y passer des heures, peut-être pas non plus). Genre là on a un article de 17 pages à lire et des questions associées auxquelles répondre. Elle a des critères vraiment chelous, aussi, et super pointilleux, parce qu'on doit faire un exposé oral, en binôme, en une certaine police, certaine taille de caractères, avec en diapo 1 telle chose, diapo 2 telle chose etc. C'est l'un des cours les plus terribles de la semaine, sérieusement.

 

Je m'arrête là pour l'instant, parce que ça suffit comme ça! ^^

Et vous alors? Manifestez-vous si vous êtes arrivés jusqu'à la fin de cet article, parce que là je me sens un peu seule sur ce blog...

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15 septembre 2013

La fac #4: la prérentrée (et ses joyeusetés)

Hey :) Je suis désolée de vous avoir abandonnés deux semaines de cette façon alors que j'étais toujours en vacances, mais 1/ y'a eu la Braderie, 2/ mon neveu numéro un est né, 3/ j'ai eu des démarches administratives pour différentes choses à faire, 4/ y'a eu la prérentrée, 5/ je cours parce que j'ai peut-être trouvé un job (on en reparlera dans un prochain article). Donc bon, je suis pas du tout régulière en ce moment mais je ne me contrains pas non plus, so... On verra bien ce que ça donne cette année!

J'en suis à quatre brouillons non terminés à publier un jour, mais je ne suis pas déjà lassée, hein. J'ai juste une brouillonite aigüe :) A venir: un article sur la Braderie de L'île, deux hypothétiques autres sur la télé (suite et fin), et un dernier sur les transports dans la métropole l'îloise. Ca vous dit? (Vous avez le droit de protester sinon, c'est mieux que de s'en ficher une fois que ce sera écrit ^^)

Aloooors... Dans ma ville fort septentrionale, on est passé de 25-30° pendant l'été (la canicule, pour nous autres, êtres venus du froid, vous imaginez bien) à 15° cette semaine. Il refait gris, il repleut: on est revenu à la normale, quoi. En plus, pendant la Braderie, la SNCF a fait grève: pas de doute, c'est bien la rentrée!

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Oh oui! Vive la rentrée!

Après 4 mois (oui, QUATRE) (et c'était LONG) de vacances, j'ai donc fait ma prérentrée dans ma magnifique université (non mais en vrai je l'aime bien, mais si je ne me moque pas, je ne suis pas moi-même, comprenez-moi!). 

J'avais une date, une heure, une salle. Un emploi du temps incompréhensible avait été posté sur le site de la fac dès juillet, mais au moins c'était une ébauche et c'était déjà ça. Ca commençait bien, pour une fois. Je pensais que le département de Sciences du Langage (dont je dépend maintenant) était mieux organisé que le département d'Humanités (auquel appartient le domaine des Lettres Modernes, là où j'étais avant). J'y croyais, naïvement. J'avais de nouveau foi en l'administration de L'île-Troie (coucou la copine qui a pensé ce surnom, on a le même humour ^^). C'était deux heures avant la prérentrée.

Mais ça, c'était avant. J'étais bien bête. 

Quand je suis arrivée à la fac, très en avance parce que j'ai toujours peur d'être en retard et parce que je suis stressée, je suis allée faire un tour au secrétariat de Sciences du Langage, pour voir si on avait un emploi du temps ou quelque chose d'affiché au tableau de l'UFR (un tableau en liège est disponible à chaque Unité de Formation et de Recherche dans la fac, on le consulte pour savoir qui est absent, quand s'inscrire à tel truc et compagnie). Premier hic: "pourquoi on n'a que 4 cours d'affichés sur le panneau? Parce que j'ai un peu un entretien d'embauche demain où je ne suis prise que si mon emploi du temps correspond à mes employeurs, donc je vais avoir besoin des horaires, quand même, et pareil pour tous les gens qui bossent..." me suis-je dit. Mais bon. Je me suis dit que pendant la réunion, on aurait l'emploi du temps fixe, et que ça irait...

Moi, naïve? Noooon, enfin. Jamais... Ja-mais.

En panique, je suis donc allée poireauter l'heure qui restait devant la salle. J'ai textoté une copine, qui m'a dit que tout allait bien se passer. J'ai attendu les filles que je connaissais et que j'aimais bien en FLE l'an passé. Une seule est arrivée au bout de 45 minutes, je me suis sentie seule. Des gens m'ont reconnue, fait signe de loin, et... sont allés parler à leurs potes. On a discuté avec des gens autour de nous. Et puis les profs sont arrivés, on est rentrés dans la salle, et la vraie prérentrée a commencé.

La réunion devait durer une heure, elle a duré un peu moins que ça. Ca a été un fouillis sans nom. Les profs ne savaient répondre à aucune question. On nous a présenté brièvement les cours, les quelques profs qui étaient là se sont présentés, nous ont expliqué de quelle composante ils étaient responsables, bref, le blabla de base quoi. On nous a fait remplir une fiche pour les deux ou trois options à choisir (2 cours à choisir parmi 3 propositions pour la linguistique, + 1 choix de langue), avec nos numéro de téléphone, adresses postale et mail et autres informations classiques.

Et là, c'est le drame. Tout à coup, la prof n'a plus rien à dire, alors on nous distribue l'emploi du temps. Ce bout de papier sacré, qui va décider de notre vie, de notre scolarité même! (Non, je n'exagère pas, c'est faux xD). Il est indescriptible. A trous. En gruyère. Chaque semaine il est différent. On a peu de cours par semaine, mais plein d'heures (genre des cours de 4 heures d'affilée, en mode "rien ne nous fait peur"). C'est effroyable! Non, là j'en rigole mais en vrai, c'est la galère. J'écrirai peut-être un article comparatif sur les différents emplois du temps que j'ai expérimentés dans le supérieur un de ces jours...

Voilà pour cette prérentrée (racontez-moi la vôtre, qu'on rigole un peu!). Pour la suite, wait & see...

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31 août 2013

La Fac #3: le campus

J'avoue j'en ai bavé pas vous, j'ai déserté. Mais j'avais l'impression de n'avoir rien de bien à raconter, d'ennuyer les égarés qui me lisaient (d'ailleurs vous êtes venus même quand j'écrivais pas, c'est cool, merci! Manifestez-vous, qu'on discute :) ), et du coup je savais pas quoi dire, pas quoi faire. Mais bon. Je suis de retour pour vous jouer un mauvais tour, c'est le come-back, la rentrée, bref je suis là, quoi. =) 

Aujourd'hui, je m'ennuyais (comme souvent cet été, étant donné que j'ai eu 4 mois de vacances et que malgré mes efforts, j'ai pas réussi à trouver un job d'été ou un job tout court, d'ailleurs). Alors j'avais prévu d'aller à la fac. Pas à la BU; je n'ai pas vraiment de travail. Pas non plus en cours; ma prérentrée est le 12 et ma vraie rentrée le 16.  Mais pourquoi, alors? me demanderas-tu certainement, avide lecteur, aux yeux tout emplis de curiosité et frétillants d'impatience. Pourquoi? C'est très simple: pour avoir accès à l'emploi du temps papier du M1 FLE (il est sur le site, mais dans une version incompréhensible par moi, je ne saurais d'ailleurs vous dire à quelle heure j'ai cours, par exemple... Très pratique, n'est-ce pas? Bienvenue dans l'administration de L'île TheThird) dans un premier temps, sauf que c'était pas affiché, et pour aller demander gentiment à l'administration de licence de Lettres Modernes quand est-ce qu'on daignerait nous donner nos résultats à l'année, et ceux au diplôme (bah oui, parce que je sais toujours pas si j'ai ma licence, si oui si j'ai une mention, et tutti quanti... A part ça, les L1 et les L2, eux, ont leurs résultats affichés en UFR de Lettres Modernes depuis le 2 juillet. Normal, quoi), sauf que c'est fermé jusqu'au 3 septembre.

Du coup, je suis allée jusque-là pour rien. Pour rien? Non, car un événement a tout changé. Alors que je sortais du bâtiment A, une jeune fille m'a demandé de lui indiquer l'administration de danse. Et là... C'est le drame.

Je lui ai dit "Ouhlàlà. Euh, je sais pas trop... Je pense que c'est dans le bâtiment extension. Bref, je sais pas t'indiquer, mais je peux t'accompagner au moins jusque-là...". Elle m'a indiqué venir du sud de la France, devoir se réinscrire en danse parce qu'elle est danseuse pro, et vouloir (mais ne pas pouvoir à cause d'un facteur administratif) faire un master FLE. On a sympathisé, et à force de discuter, on en est arrivées à la conclusion que ma fac, au niveau de la disposition, c'est vraiment labyrinthique. 

Oui. Ma fac, on dirait qu'elle a été dessinée par un architecte en fin de carrière, pris de ce qu'il a cru être une fulgurance de génie un soir de cuite, sur un bout de table. Ma fac n'a pas une disposition logique. Ma fac est incompréhensible. Les plans de ma fac ne sont pas tous à jour (et desfois, c'est drôle). Bref, ma fac est une grosse blague.

Deux campus existent: le principal se situe à Villevieille d'Axe (ceci est un jeu de mots, un peu comme Art-Race et L'île TheThird, si comme de par hasard toi, lecteur fatigué, tu n'avais pas encore remarqué que je faisais dans l'humour un peu pourri), à Chaussée-de-Fer, plus précisément, de l'arrêt de métro du même nom (c'est là où je vais en cours), et le deuxième, qui abrite les étudiants de LEA et d'Infocom (entre autres), beaucoup plus petit donc, à Roux-Baie (tu connais  peut-être la célèbre conurbation L'île - Roux-Baie - TourCoincoin, d'ailleurs, toi lecteur qui ne vient pas du Pôle, euh pardon du Grand Nord). 

Je ne connais pas le campus de Roue-Baie, mais celui de Villevieille d'Axe, je le pratique depuis un an. Il ressemble à ça (j'ai pas compris comment agrandir l'image, peut-être qu'en cliquant dessus on voit en plus grand).

 

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On rentre par le bas, le truc bleu carré, les cours de Lettres se passent dans le bâtiment A (jaune), et ceux de FLE dans le bâtiment B (bleu). La BU est en gris. 

Dans le campus, on a un peu l'impression que rien n'est logique. Comme si on était arrivé au Pays des Merveilles, un peu. Comme vous pouvez le remarquer, plutôt que de centraliser les couloirs et de mettre toutes les administrations avec les adminstrations, tous les amphis à côté d'autres amphis et compagnie, nous, à L'île TheThird, on a choisi de tout exploser. Du coup, quand on arrive, on se perd. On comprend rien. Tout est éparpillé à plein d'endroits: rien ne se retrouve. Les bureaux des profs sont dans un couloir, le couloir suivant dessert des salles de classe, il n'y a aucun signe distinctif d'un étage à l'autre, bref, en un mot: angoisse. TOTALE.

Heureusement, pour nous aider, L'île TheThird a tout prévu! Oui! Comment? Et bien, c'est simple! En créant une toute nouvelle signalétique à la rentrée 2012. Mais -parce qu'il y a toujours un mais- le problème, c'est que 1/les escaliers de couleur, personne n'a jamais compris à quoi ça servait, 2/ce changement, ça n'a été fait que dans le bâtiment A, et 3/toutes les salles ont changé de petit nom et c'est le bordel, toujours dans ce bâtiment. Quand je suis arrivée à la fac, en septembre dernier, je m'étais équipée d'un plan. Mais ça n'a servi à rien... Bah oui, puisque les salles avaient changé de nom, et que personne n'avait été mis au courant! Même les élèves qui étaient là pour nous aider à nous retrouver ne savaient pas où on devait aller. Super, quoi. 

En plus d'avoir des nouveaux panneaux indicateurs de salle (d'ailleurs, au début les indications nous emmènent bien au bon endroit, puis soudain les panneaux arrêtent d'indiquer où on doit aller pour rejoindre cette foutue A2.417, trop utile quoi), les bâtiments ont hérité, en septembre 2012 toujours, d'un magnifique coup de peinture. Oui, parce que la fac a décidé d'un coup d'un seul de créer un système magique, censé nous aider à nous repérer, d'escaliers de couleur. Les escaliers ne sont plus de simples escaliers: ils sont maitenant les escaliers roses, verts, bleus ou oranges! Sauf que souvent, ça ne sert à rien. Ca partait d'un bout sentiment, mais comme tous les escaliers ne desservent pas tous les étages (ou les demi-étages, parce que cette merveille de demi-étage existe, grâce au talent et à l'ingéniosité du dessinateur qui a fait le plan du campus!), on ne se sert pas de ce système mnémotechnique. Ca sert à rien, quoi.

En parlant d'étages et de demi-étages, voici venir une bizarrerie de plus. A L'île TheThird, les niveaux (ou étages) des bâtiments se calculent à partir de l'esplanade, plus communément appelée "forum". Quand on avait cours au rez-de-chaussée, on était donc au niveau forum, si on avait cours un étage au-dessus, c'était forum+1 et ainsi de suite. Mais le bâtiment B ne l'entend pas de cette oreille. Non! Tel le petit village d'Astérix, il résiste encore et toujours à l'envahisseur et fait en sorte d'être original. Alors plutôt que de faire comme tout le monde et de changer les noms de ses salles comme le bâtiment A, en fonction des étages, comme ce serait logique, lui, il continue de nommer ses salles en fonction des ailes du bâtiment. Et ça change tout. En A, si on est en A1220, on est au niveau forum-1, en A2machin, au niveau forum, en A3truc, forum+1. C'est logique. Ca coule de source. Et comme ça, quand on est perdu, au moins on sait à quel étage on doit être... Par contre, en B, on peut être en B5 et au niveau forum ou en B1 et au quatrième étage. Ca dépend des ailes du bâtiment (normalement on peut le voir sur le plan). Alors c'est de la gymnastique de l'esprit que d'aller d'un bâtiment à l'aûtre: ça demande un travail d'adaptation. Et une faculté certaine à jouer à la Chasse aux Trésors se développe ainsi. Passer d'un bâtiment à l'autre, c'est un peu devenir un baroudeur, en fait.

En plus, comme tout est immense, c'est comme une randonnée! On peut marcher des kilomètres, si on veut! Parce qu'en plus des deux bâtiments principaux, A et B donc, on peut aussi parfois avoir cours en C, D ou même E. Et ces bâtiments-là, s'ils sont petits et souvent de plain pied, ont eux aussi une spécificité: ils sont à l'autre bout du monde. Il faut traverser tout le campus pour les atteindre (ce qui est génial en hiver, par -8°, par exemple). Donc pour les rejoindre, il faut le vouloir, quoi. 

Le côté positif, quand on va vers ces bâtiments, c'est qu'on passe par un espace vert (à côté d'un parking, certes, mais quand même). Et c'est cool. D'ailleurs, à d'autres endroits, dans le bâtiment B surtout mais aussi au niveau forum-1 du bâtiment A, dans certaines salles ou couloirs vous pouvez observer de merveilleux petits jardinets (enfin, un bout d'herbe avec des fleurs et des arbres, quoi). C'est distrayant quand on bosse à la BU de l'UFR de Lettres, quand on s'ennuie en anglais, ou quand on attend un cours en B. Et puis ça permet de savoir quel temps il fait dehors et de regarder des petits oiseaux. Fin de la parenthèse champêtre, revenons à nos moutons.

L'une des curiosités de L'île TheThird, c'est le département de Sciences du Langage (auquel le FLE appartient). Celui de Sciences de l'Antiquité qui est à côté compte aussi. Ces deux départements sont nichés au bout du bout du bâtiment B, mais dans une contrée très très reculée, il faut vraiment être un explorateur pour y aller. Il faut traverser deux grands couloirs, descendre un escalier, traverser une porte automatique, redescendre un étage, aller tout au bout du couloir et tourner à gauche pour y parvenir. Le périple dure au minimum 5 minutes. C'est un couloir sans fenêtre, souterrain. Bonne ambiance de cave, hein?

Même ambiance de sans fenêtreuuuh, sans aération (à chanter sur la mélodie de "Sans chemise, sans pantalon" pour un rendu du plus bel effet) dans les amphis, grandes salles avec des gradins, des strapontins en bois (souvent cassés) pliant sous ton poids inconfortables pour s'assoeir et des tables éloignées (trop éloignées, hélas) des strapontins pour écrire... Heureusement qu'on y pas cours souvent, parce que ça fait un peu mal partout, un cours en amphi, quand même.

Le point positif de l'amphi, c'est quand même qu'il y fait bon. Ca réchauffe en hiver. Le corollaire désagréable, c'est qu'il y pue le fauve. Mais personnellement, je suis tellement frileuse que je préfère avoir chaud et endurer cette odeur le temps que mon nez ne la sente plus que d'avoir froid (ce qui arrive dans certaines salles non chauffées ou aux fenêtres endommagées ou vieillies ou encore dans des endroits orientés plein nord).

Bref... Malgré tous ces défauts, je l'aime bien quand même, hein :) Et toi, elle est comment ta fac (ou ton lycée, ou je ne sais quoi encore)? =)

 

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21 août 2013

Quand je serai grande #2: je regarderai des divertissements, même nuls (part. 2)

En écrivant cet article, je me suis rendue compte ("se rendre compte" c'est une des difficultés du Français... On peut hésiter, un -e ou pas de -e final quand on est une fille. Ne me tapez pas si vous êtes partisans du "pas de -e" :) ) que je regardais beaucoup la télé. Je lis assez peu, en fait. J'écoute pas mal la radio, mais en différé, avec les podcasts, ou alors de la musique sur la route. Mais ce que je regarde, finalement, est assez éclectique. 

Je regarde, en plus des choses vraiment sans intérêt du premier article de cette série, des choses un peu, meilleures. Des divertissements. Des programmes qui sont à mi-chemin entre la glorification de la Star et l'apprentissage d'une valeur ou d'une connaissance. Desfois, la télé me sertvraiment à me vider l'esprit et à me reposer. Mais desfois, je cherche aussi à regarder des programmes qui, bien que pas follement intelligents, peuvent m'apprendre un truc et me cultiver un peu. Faciles d'accès mais pas vides: petit panorama des programmes ni trop exigeants, ni trop bêtes que j'aime bien. Parce que ce n'est pas parce que c'est du divertissement que ça a été perverti par Satan lui-même. C'est comme les burgers: OK, ceux du McDo, c'est de la junk-food, mais ceux du Camion qui fume, moins, quand même. 

Et puis d'abord, pourquoi toujours raisonner en terme de qualité pour la télé? A-t-on vraiment raison de le faire? Parce que si on regarde la télé, c'est pour se détendre, pas pour se cultiver, a priori. Ca nous met dans une situation passive (on regarde un écran, qui nous parle et nous transmet une image), à l'inverse de quand on va à une expo, ou qu'on lit, ou qu'on va au ciné. On le sait. C'est futile d'allumer son poste. Alors pourquoi on ne peut pas profiter tranquille des divertissements sans culpabiliser?

Je suis pour pouvoir regarder en mon âme et conscience un programme qui me distraiera après avoir travaillé. Je me récompense avec la télé. Vive la télé libre, quoi! De la même façon, je lis Rue89 et je suis les actus via les journaux gratuits, mais j'apprécie de lire Femina ou Femme Actuelle. J'adore Zola mais même si je lis principalement de l'ancien, ça m'arrive aussi de lire un contemporain pas forcément renommé: j'ai aimé Hell, par exemple. Et quand j'ai vu Después de Lucia, qui m'a mis une claque comme je l'expliquais récemment à Bonnie, mais j'ai vu Dans la maison que j'ai trouvé nettement moins bon (mais ce n'est que mon avis de non-cinéphile), qui m'a détendue, et j'ai adoré Moi Moche et Méchant 2 alors que juste après j'ai vu Les petits princes et Electrick children. L'éclectisme, c'est bien. C'est pas parce que c'est mainstream, blockbuster ou que c'est produit par une grosse boîte que c'est nul. C'est pas parce que c'est indé, underground, reconnu par les initiés et super peu diffusé (ou alors joué en bulgare pour une pièce, sous-titré en espagnol pour un film...) que c'est forcément super. No judgement, les enfants. C'est peut-être une réaction post-prépa que je fais, une sorte de "je refuse de ne reconnaître que la culture institutionnelle instituée selon des normes que je juge bourgeoises", mais franchement, pensez comme vous voulez. Et si vous kiffez Kaamelot, Groland ou les Simpson, assumez. Venez comme vous êtes, comme dirait McDo'. 

 

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Une pub too much, mais avec un bon message

Dans la catégorie "y va y'avoir du sport... Mais moi j'reste tranquille", les nominés sont: les retransmissions de compétitions, Téléfoot, Automoto (et Turbo), Koh-Lanta, Gym Direct, Tout le Sport.

And the winners are...les retransmissions. Je suis nulle en sport: mais vraiment, style quand j'étais petite on me choisissait toujours en dernier quand il fallait composer des équipes et tout. Mais depuis quelques années, j'ai remarqué que si je détestais faire du sport, en revanche le regarder peut me transporter. Les valeurs du sport, la notion de victoire, d'effort... Tout ça est transposable et ça me parle vachement. Alors si je ne maîtrise pas les subtilités de l'acte en lui-même, j'aime ce qu'il dégage et ça me passionne. Pendant Londres 2012, j'avais la télé allumée 12h par jour pour suivre les compétitions comme les reportages. C'est dingue, mais c'est vraiment ça: j'aime regarder les filles le sport. Tout le sport: pour les mêmes raisons que les compétitions, je ne zappe pas TLS ni Sport 6. Les belles images, l'affiche du jour, la sensation de rester dans le coup et de se tenir au courant me font aimer ça.

And the losers are...les émissions spécialisées qui durent des plombes, genre Turbo et Téléfoot: oui, j'aime ce que véhicule le sport, mais pas au point de mater des émissions de passionnés non plus, faut pas déconner. C'est certainement bien foutu, hein, mais ça parle à trop peu de monde... Alors que les retransmissions fédèrent justement toute la France autour d'un joueur ou d'une équipe. Sans intérêt, pour moi, donc (rappelons que tous ces avis ne sont que personnels). Gym Direct: mais si, vous savez, les nouvelles Véronique et Davina! Sérieusement, comment peut-on se réveiller et se dire "tiens, si je commençais ma journée par faire des étirements et de l'aérobic?". Personnellement je ne comprends pas qui regarde ça. Je trouve qu'il faut être très motivé et courageux, voire kamikaze pour avoir envie de s'agiter devant sa télé. Ou alors avoir envie de reluquer les gens qui bougent, eux, quand on est soi-même retourné à l'état larvaire.

En ballotageKoh-Lanta. Au début, j'aimais beaucoup: la notion de dépassement de soi, de transcendance, de travail d'équipe, tout ça, c'était beau. Mais bon, la télé-réalité et la stratégie prennent beaucoup (trop) le devant sur l'exploit physique aujourd'hui, et c'est pas top. Et franchement, au bout d'une dizaine de saisons, ça devient lassant... Toujours le manque de riz, la pluie, les bêtes, bouffer des limaces crues, le sable, rechercher le point d'eau, pêcher au harpon, être éliminé à la suite d'une conspiration, se peser, être fatigué, bronzer au soleil; toujours pareil: c'est lassant.

Dans la catégorie "laaaaa musiiiiiiiiiqueuuuuh! oui! la musiiiiiiiiiqueuh! je le sais, seraaaa la clééééé... De l'amouuuur, de l'aaaamitiéééé", les nominés sont:  Génération Top 50, Star Academy, Popstars, N'oubliez pas les paroles, The Voice, les clips, Nouvelle Star, Taratata.

And the winners are...The Voice: en fait, ça me lasse déjà, mais au début j'ai trouvé que c'était vraiment bien. Là, TF1 fait trop durer l'émission en longueur (sur la soirée comme sur le nombre de semaines), mais la première saison m'a bluffée. Découvrir des voix avant des personnes, se laisser surprendre, ne pas juger sur le physique: il y avait vraiment un potentiel. Maitenant, la saison 2 m'a franchement blasée: c'était toujours bien, mais le gagnant ne m'a pas convaincue du tout, et on commence à connaître le jury et les réactions qu'il aura. Un brin répétitif, donc., alors que le concept était assez novateur. Nouvelle Star: autre chaîne, autre concours de chant. Alors... Je regardais cette émission depuis 2 ou 3 ans seulement quand elle a été supprimée, mais elle m'a vraiment manqué pendant sa suspension d'antenne. J'aime tout. J'aime les castings où Sinclair est cinglant, Manoukian perché, Maurane attendrie et où le producteur amène sa touche moins artistique mais plus commerciale (je trouve que c'est vraiment un atout d'ailleurs, ce 4ème membre non musicien: il apporte un regard neuf et oriente aussi les candidats vers une réalité plus pragmatique, celle du succès commercial ou du bide, en ne jugeant pas que comme un critique musical mais comme un public factice. Le candidat a donc à la fois les critiques média et spectateurs devant lui, et c'est bien). J'aime Hanouna et ses blagues débiles. J'aime la voix off qui suit les candidats. J'aime l'orchestre merveilleux et ses instrumentations. J'aime la façon humaine dont ça se déroule. J'aime que le jury continue de donner son avis même s'il n'est que consultatif. J'aime que chacun se remette en cause chaque semaine en étant toujours sur la sellette. J'aime tout, quoi. Taratata (et surtout Mon Taratata à moi): je regardais pas très souvent. je n'écoutais pas très souvent. Mais pourtant, je regrette que l'émission soit supprimée... Les lives en duo de personnalités différentes, les interviews relâchées, le style de l'émission, l'impression d'avoir des vrais musiciens passionnés tout le temps sur scène (et Nagui en présentateur très calé), tout ça faisait que c'était une vraie émission de qualité.

And the losers are...les clips: franchement, passer une demi-heure à regarder de la bouse de vache fraîche pour voir UN clip bien foutu, bien réalisé et qui va avec une musique que j'apprécie, je vois pas l'intérêt. Si je veux voir un clip en particulier, je le cherche sur internet... So '90, quoi xD Star Ac': quand j'étais petite, j'ai été très fan de Nolwenn Leroy. Je regardais la quotidienne de la Star Ac', les hebmodaires, j'en ratais pas une. Le concept a vieilli. La télé-réalité qui venait d'arriver en France a pris 10, voire 15 ans. La nouvelle version m'a pas du tout séduite; les élèves franchement pas très bons chanteurs, les présentateurs pas trop crédibles (enfin Delormeau, ça passe encore, mais Tonya Kinzinger, de 'Sous le Soleil' à l'époque où on était gamins, euh, non.), les stars qui ne sont pas venues... J'ai pas compris pourquoi c'était revenu, et j'ai trouvé ça raté. Popstars a joué sur la même vague: le retour gagnant de Nouvelle Star a donné des idées à Laroche-Joubert (qui, ah, tiens, avait aussi produit la Star Ac' au début des années 2000), qui a relancé ce format. Là, pareil, c'est un peu raté: très faibles audiences, du fait d'un concept qui déjà à l'époque était problématique: mettre des gens ensemble, constituer un groupe construit de toutes pièces et les faire jouer ensemble, c'est pas logique. Un groupe, ça se constitue naturellement, normalement...

En ballotageN'oubliez pas les paroles. J'adorais avant, et j'adore quand ce sont des célébrités; les amateurs chantaient très bien, étaient drôles sans en faire trop, et donnaient l'impression d'aimer vraiment ce qu'ils faisaient et le concept de l'émission, et les gens connus sont souvent à la fois très investis et sérieux et très comiques et amusants. J'adore l'émission quand elle est un vrai divertissement, qui fait un peu réfléchir (bah oui, il faut quand même se souvenir des paroles), pas kitsch ni bête, mais pas trop prise de tête avec un orchestre en plus, donc une émission musicale de qualité. Mais depuis la nouvelle version, je trouve que les candidats deviennent vraiment moins bons, qu'ils chantent faux, et qu'ils sont plus intéressés par l'argent. L'émission me semble s'user, et c'est triste. C'est comme Un dîner presque parfait, qui était vraiment un concept pas mal au début, avec des cuisiniers qui valaient le détour, et qui devient n'importe quoi en vieillissant, parce qu'on tire trop sur le filon plutôt que d'enlever l'émission de l'antenne.

Dans la catégorie "c'est doubitchous, c'est fait à la main, roulé à la main sous les aisselles", les nominés sont: Topchef, Masterchef, Cauchemar en cuisine (US/FR), C à vous, Qui sera le prochain grand pâtissier?, Fourchette et Sac à dos, Bon appétit bien sûr

And the winners are...Qui sera le plus grand pâtissier?: il faut déjà que je vous avoue d'emblée quelque chose. Je ne mange pas grand-chose; genre, du pain, des pâtes, du riz, de la semoule, de la soupe en boîte, de la purée, et grosso modo c'est tout. Donc cette chronique 'émissions de cuisine', je la survole un peu, vous comprendez bien, étant donné que je suis vaguement dégoûtée par la viande et le poisson et que je touche peu les légumes ou les fruits. Cela étant dit, la pâtisserie, même si je ne la mange pas, j'aime bien la faire, et j'aime bien la regarder. Et cette émission, bien qu'un peu creuse et pas folichonne, elle donnait à voir de belles images de crème pâtissière et de tarte au citron meringuée, alors j'ai bien aimé. Voilà. Fourchette et sac à dos: au niveau nourriture, n'en parlons pas, ça me passe au-dessus. Mais j'adore le concept: voyager pour découvrir de nouvelles cuisines. C'est entrer par la petite porte dans la culture d'un pays. C'est rentrer vraiment chez les gens, parce que le repas, c'est vraiment un fait social, ça révèle des choses sur nous, et du coup c'est vraiment une façon de connaître des mentalités, une façon d'être et de vivre que de cuisiner avec des locaux. J'aime bien Julie Andrieu, aussi, elle m'est sympathique, alors ça ne gache rien. Cà vous: ok, j'exagère, c'est pas une émission de cuisine. Mais c'est quand même un talk-show construit autour d'un dîner... Là encore, le concept m'intéresse. Recevoir l'invité au bar, c'est le faire rentrer dans une maison un peu familiale, sympa, et manger avec lui à table, c'est carrément se mettre à égalité avec lui. On se parle librement à table. On boit son verre de rouge tous ensemble. Je trouve que l'ambiance est bonne, et j'aime bien. Masterchef: le côté étiré en longueur me fatigue. Mais j'aime bien le fait que ce soit des amateurs, l'émulation qui existe, l'envie de progresser que ça véhicule.

And the losers are...: Topchef. J'y arrive pas. Pourtant j'aime bien Masterchef, mais je sais pas, j'adhère pas autant. Bon appétit bien sûr: c'était une vanne! Avec tout le respect que je dois à Joël Robuchon, franchement, c'est fini et ça vaut mieux comme ça. Si ça continuait, j'aurais l'impression de revoir sans cesse Maïté revenir à l'écran.

En ballotageCauchemar en cuisine. La version US est extrême: le chef Ramsay est très gueulard, quand même. Efficace, mais un peu trop spectaculaire. La version française est plus ou moins édulcorée, mais le message reste le même. Sincèrement, je trouve que le concept est bon: c'est du coaching personnel et entrepreneurial, au même titre que Nouveau Look pour une Nouvelle vie ou que d'autres programmes du même type. Si ça aide des gens, je vois pas où est le problème. Seulement, le montage en épingle des coups de gueule, ou le montage avec de la musique triste dès que quelqu'un est ému, c'est un peu trop pour moi. Ca devrait être mieux fait, je pense, mais c'est pas mal.

Dans la catégorie "Que le spectacle commence!", les nominés sont: Splash, Danse avec les stars, La France a un incroyable talent, The Best, les retransmissions de pièces, Le Plus Grand Cabaret du Monde.

And the winners are...Splash: et j'assume. Tout le monde a craché sur cette émission, en disant que voir des people sauter dans un bassin n'avait rien d'intéressant. Sauf que le plongeon, je le rappelle, c'est un vrai sport, un sport olympique d'ailleurs, qui a vraiment un sens et s'apprend. Le côté "je mets des stars partout pour que ça se vende" est très commercial et très TF1, ça correspond à une image de marque, certes. Mais c'était marrant, en tout cas moi ça m'a vraiment plu. Et rien que pour la vitrine que ça a apporté au plongeon, méconnu du grand public, je mate. Danse avec les stars: je dirais pas que je suis fan. Mais franchement, moi qui ne sais pas danser, je trouve que le côté artistique et sportif de la danse est bien mis en valeur. Ca donne du grand spectacle, c'est assez envoûtant. Les pièces de théâtre: alors là je dis oui. Je suis d'une famille où la vie culturelle n'est pas le plus important. Je suis très rarement allée au théâtre dans ma vie, sauf pendant mes années de prépa où je payais 5€ pour voir une pièce, et où j'en ai vu 20 en deux ans, du coup, ou lors de sorties obligatoires à l'école, au collège ou au lycée. Alors donner accès à tous à des pièces souvent jouées par des acteurs connus par le biais de la télé, alors que beaucoup ne peuvent pas s'offrir le billet d'entrée ou que les pièces ne sont jouées qu'à Paris, c'est une initiative top moumoute. Je ne regarde pas tout, mais ma pièce favorite d'Anouilh (en tout cas, une de mes pièces préférées), Colombe, je l'ai découverte en voyant Sara Giraudeau l'incarner, en direct de Paris, à France 2.

And the losers are...Le Cabaret: parce que le Petit Bonhomme en Mousse et Patrick Sébastien toute une soirée, c'est pas possible. Si on enlève le son et qu'on choisit sa soirée en fonction des invités, ça pourrait être bien. Ca prend un peu trop la poussière. Mais les numéros sont parfois impressionnants. L'émission a gagné des 7 d'or, et c'est représentatif de ce qu'elle est: une émission vieillie, mais appréciée. Incroyable talent: c'est impressionnant, Alex Goude est un dieu pour moi, mais j'accroche pas. En fait, ces choses spectaculaires, j'aime les voir en vrai, et à l'écran ça ne me touche pas autant. The Best: même reproche, l'écran coupe le sentiment que je pourrais avoir. Mais l'idée du fauteuil comme fil conducteur de l'émission est bien trouvée, ça donne envie de connaître la suite. En fait, pour moi, The Best c'est le mélange d'Incroyable talent (orienté vers le cirque), avec des numéros impressionnants, des pros de leur univers, et de Danse avec les stars, pour son jury. Le jury de DALS correspond à ça: Pietragalla, grande chorégraphe et danseuse, très pro, qui note assez sévérement et juge la technique; puis Généreux, danseur  québécois dans un style plus décontracté mais également attentif, mais par contre inconnu au bataillon pour le grand public; Chris Marques, l'excentrique qui monte petit à petit; et... Shy'm, qui est chanteuse et n'a donc rien à faire là, parce qu'à part gagner une saison, bon voilà quoi. Le jury de The Best? Un excentrique transformiste (Brachetti), une femme de danse plutôt tatillone (Martines), une fille qui n'a rien à faire là (Lara Fabian), et un mec spécialiste des arts de la scène inconnu du public (Stella). C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures recettes, chez TF1...

Dans la catégories "les meilleures vannes sont les plus courtes", les nominés sont: la Minute Blonde, la Minute Vieille, Bref, le Zapping de l'info, les Guignols, Un gars une fille, la Boîte à questions, Sophie & Sophie, Nos chers voisins, En famille, Scènes de ménages, SAV des émissions, la météo de Canal+

And the winners are...La Minute Vieille: je regarde très peu, c'est vrai. Je ne zappe pas sur Arte quand c'est l'heure juste pour regarder ce programme. Mais mettre un programme d'humour comme sur TF1 ou M6 à Arte, je trouve ça culotté. Surtout quand ça concerne la vieillesse: la chaîne montre qu'elle peut rire d'elle-même et c'est top! Et des vieux qui racontent des histoires drôles (et graveleuses, c'est ça qui est drôle), le concept est chouette. Et les blagues sont drôles. Bref: ça fait partie de mon top 10 de ce q'on a vu de mieux à la télé. Tout est génial, à mes yeux. La musique, le style de l'image. Le concept de "bref, j'ai fait ça". Le plan cul, le coloc. C'est génial. Quand j'étais en prépa, un jour, je me suis rendue malade pour un DM de français, je comprenais pas le sujet, je galérais, je devais le rendre le lendemain à 9h, il était 3h et j'avais pas de III, quand je me suis refait l'intégrale de Bref (qui n'avait commencé que depuis 2 ou 3 mois, mais quand même) pour me calmer. Après, ça a été mieux. Ce truc a le pouvoir. Le Zapping: je le met dans une catégorie dédiée à l'humour, mais c'est vrai que c'est pas toujours comique. Selon l'actu du jour, ça peut être vraiment fun (avec la fine fleur des bons mots des real TV par exemple), mais aussi très cruel en poussant à la réflexion (surtout que les images se succèdent sans commentaire): quand on voit un moment de Secret Story où Anaïs pleure comme une drama queen parce qu'Eddy est parti, ça fait rire sur le coup, mais quand on voit sur l'image suivante avec un médecin qui pleure en Egypte parce que tout le monde meurt autour de lui, ça pose un vrai problème. Bref, c'est à la fois sucré et acide, quoi. Les Guignols: je regarde de moins en moins, mais quand j'ai emménagé sans mes parents pour la première fois, c'est l'un des programmes que j'ai tout de suite regardés, parce que mes parents détestent et que je pouvais pas regarder, chez eux. C'est bien construit, c'est pour ça que ça perdure. J'adore Carla Bruni ou Morano, les marionnettes sont excellentes. Pour moi, c'est vraiment l'illustration du contre-pouvoir politique que sont les médias: le seul problème, c'est que parfois ça tire sur l'ambulance et c'est pas toujours super. Mais c'est une belle réalisation. Un gars une fille: c'est pas toujours drôle, mais c'est le début de Dujardin & Lamy, et les suivre tous les jours quand j'étais petite, ça m'a vachement fait rire. C'est rediffusé en ce moment, et je trouve que ça n'a pas trop vieilli. Les personnages archétypaux, le quotidien, leur appart', leur caractère: à force, on se sent comme chez eux, et c'est vraiment sympa. La boîte à questions et la météo de Canal+: je les mets ensemble, parce que tous les deux ont les mêmes avantages et inconvénients. C'est drôle ou pas uniquement grâce à la miss météo ou à l'invité de la boîte à questions. La boîte a ses codes, ses questions barrées, son buzzer, son décor blanc qui rattrapent toujours un invité pas drôle, mais la miss météo, c'est pas toujours sauvable. La seule que j'aie vraiment adoré, c'était Louise Bourgoin. Et ça fait bien longtemps qu'elle ne l'est plus, miss météo... SAV: encore un programme court signé Canal, que je ne suivais pas assidument certes, mais qui est connu par tout le monde. C'est culte, c'est une référence. Je connais peu de gens qui détestent vraiment. J'ai rien à dire de spécial, sinon que ça a marqué l'histoire de Canal. Le package "Nos chers voisins + Soda + En famille + Scènes de ménages + les nouveaux que j'ai pas encore vus mais qui vont être dans le même genre, soit VDM et Pep's": ça joue sur le cocasse, les types, les blagues un peu poisseuses, mais ça marche. Les voisins, ça rappelle forcément des choses à tout le monde (le voisin chiant, le voisin embourgeoisé, le voisin qui paie pas ses loyers), Kev'Adams me fait vraiment marrer avec ses blagues à la con (et ses potes sont juste excellents, comme ses parents), En famille détend l'atmosphère, Liliane & José font rigoler ma mère et les plus jeunes me rappellent des gens de mon entourage, bref, c'est un bon miroir de ce qu'on est, c'est rigolo, alors ça ne se refuse pas.

And the losers are...La Minute Blonde. En fait c'est pas que c'est nul: c'est juste que c'est un peu trop lourd pour moi, ça fonctionne pas bien. Pourtant, le côté concon, la blonde à la voix suraïgue et le format court, ça me plaît... Mais là, j'adhère pas à l'humour. Ca me fait pas rire. Sophie & Sophie: alors là, je comprends pas. Autant, la MB, ça pouvait être marrant sans que j'adhère, soit. Mais là, euh... C'est très court et ça mériterait d'être encore plus court. Elles sont lourdes, un peu vulgos et plus exaspérantes que marrantes. Franchement, je dois louper un truc, mais j'y arrive pas.

Mentions spéciales, "plus c'est long plus c'est bon": On ne demande qu'à en rire, Jamel Comedy Club. Parce que j'aime bien Ruquier, sa liberté de ton, son jury et sa notation, et que j'aimais aussi les artistes du Jamel Comedy Club.

Dans la catégorie "c'est court, mais c'est chouette", les nominés sont: les courts métrages d'Arte, Du côté de chez vous, Parole directe, Là où je t'emmènerai, Consomag

And the winners are...Consomag: c'est bien utile. Franchement, j'oublie souvent tout de suite après combien de temps il faut garder une facture ou comment on fait quand on a un dégât des eaux, mais si j'avais une mémoire plus longue j'apprécierais vraiment. C'est bien fait, clair, et ça apprend beaucoup de petites choses de la vie pratique. Parole directe: je ne regarde plus trop maintenant, mais avant les élections l'an passé et probablement avant celles de l'an prochain, je me suis servie de cet outil de communciation des partis pour voir ce qu'ils proposaient tous. J'avais déjà mon opinion politique, et je l'ai conservée, mais pour connaître les uns et les autres, situer les positions de chacun l'échiquier politique et ses projets, c'est bien utile. Les courts métrages d'Arte, je ne cherche jamais à les voir, mais je tombe parfois dessus. Et je trouve ça top: entre deux programmes, on tombe sur une pastille cinématographique, Comme ça, à l'impromptu. C'est ça, le charme d'Arte. Ca marche à fond sur moi en tout cas.

And the losers are...Du côté de chez vous: au début, ça fait rêver. Après, ça fait baver. Non, sérieusement, tant de luxe et d'opulence dans des maisons d'architectes si bien construites et pensées situées au milieu d'un parc arboré et fleuri de 2 hectares, quand on habite une maison en brique rouge près de la route (en mode bienvenue dans le Nord-Pas-de-Calais) ou un appartement, ou qu'on a pas de toit fixe, ça fait rarement plaisir. Leroy Merlin favorise des putains de maisons bourgeoises, et je suis pas sûre que ça parle à tous les téléspectateurs qui regardent TF1 à 20h50 le week-end et qui attendent qu'Évelyne Dhéliat mette fin au supplice. Tu m'étonnes qu'après certains des plus démunis volent ce qu'ils ne peuvent s'acheter: si la débauche de belles choses est accessible à tous... Là où je t'emmènerai: c'est le même genre, mais avec des voyages plutôt que des maisons. Ca fait plus rêver, cependant. On se sent moins jaloux. Mais ceux qui ne peuvent pas avoir de vacances jamais, je ne sais pas comment ils le vivent...

 Deux autres articles de ce genre sont à venir, mais peut-être pas tout de suite, ça a pas l'air de vous plaire... Et sinon, vous, vous avez le droit de me dire ce que vous zappez et ce que vous matez, aussi =) Ou ce que vous voulez, hein!

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17 août 2013

Quand je serai grande #2: je ne regarderai plus autant de programmes nuls à la télé (enfin je sais pas) (part. 1)

Avec une copine de la fac (cc L*), qui était elle aussi en prépa (mais pas dans la mienne) en L1 et en L2, on s'est tout de suite bien entendues quand on s'est rencontrées au début de l'année dernière, à l'arrivée en fac. Très vite, on s'est découvert des points communs. Parmi ces points communs, il y avait la hantise du cours de latin le mercredi matin (oui, franchement, c'était pas humain), mais aussi le plaisir de regarder des émissions pourries à la télé, à tel point qu'on a fini par biatcher (oui, j'aime ce mot, et j'emmerde les gens qui me diront que ce n'est pas franco-correct)  ensemble sur ces programmes. =)

Je sais que l'attirail du Littéraire Parfait (ça fait très "mallette du petit chimiste", dit comme ça :) ), ce serait plutôt un verre de rouge ou un chocolat chaud, ou même un thé sur une table basse, devant un feu de bois rougeoyant, lisant un Tolstoï ou un Balzac, écoutant d'une oreille distraite France Culture et n'utilisant sa télé que pour regarder Arte. Je sais bien. Mais moi, je ne suis pas ça. Mais alors pas du tout. Avant j'adorais le chocolat chaud, mais maintenant je digère mal le lait; je ne bois pas de vin, je ne comprends pas l'intérêt de boire de l'eau chaude, mais j'adore le Coca; si chez mes parents il y a bien une cheminée, chez moi il n'y a que du chauffage électrique; je n'ai jamais lu de littérature russe; je podcaste France Culture (et France Inter) mais franchement beaucoup d'émissions me semblent dédiées à un public intello maîtrisant des références ardues sur lesquelles le commun des mortels se casse les dents, alors j'écoute aussi RTL2; et surtout, surtout, je suis friande des émissions débiles de la télé, et peu de choses me plaisent à Arte, même si parfois c'est très intéressant et pas trop "les intellos parlent aux intellos". J'ai même pas de mention très bien au bac de toute façon, et j'aime pas la philo: je suis vraiment une littéraire ratée xD

Alors j'ai décidé de vous faire profiter de ce que je regarde, dans le petit écran. Peut-être qu'on me regardera de haut après, qu'on me dira que je mériterais d'être reniée, que je fausse la soit-disant propriété des littéraires qu'est l'élévation d'esprit. Mais je suis sûre que mes plaisirs "coupables" sont ceux de plein de monde. Sauf que moi j'avoue, et que j'ai même pas honte. Alors voilà, j'assume. J'aime la télé-poubelle qui me détend et me distrait. Je le dis. Petit tour d'horizon sous forme de remise des prix, et un peu de "je zappe/je mate" aussi. Let's go!

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Dans la catégorie "Bal des horreurs", les nominés sontTous Différents, Tellement Vrai, Obèses : perte de poids extrême, Secret Story, Nouveau Look pour une Nouvelle Vie, Belle toute nue, C'est ma vie, Les Anges de la Téléréalité (& associés : l'Amour est aveugle, l'Île de la Tentation, les Ch'tis à Mykonos, les Débiles, les Marseillais et j'en passe et des meilleures).

And the winners are...: Tous, sauf les Anges et leurs divers lieux d'arrivage. La télé-réalité, ça détend en été, ça console en hiver, ça amuse quand tout est terne à l'automne et ça réveille au printemps. Ca a le goût du bonbon acidulé. On se sent intelligent quand on regarde ça, aussi... Tous différents (et Tellement vrai): ça me rassure toujours de voir qu'il y a pire que moi. Ca passe le temps, ça me fait rire (comment ça "c'est méchant?", ils n'avaient qu'à pas s'exposer comme ça), c'est toujours des cas. C'est pitoyable, mais j'en suis fan. C'est ma vie est dans le même principe, en plus soft: je suis une spectatrice voyeuse et j'adore ça. Obèses; j'ai regardé une seule fois. On voit tout le cheminement et je trouve ça horrible. Ca fait tellement pitié qu'ils se montrent comme ça à la télé, aucun intérêt. Ca mérite la récompense de la télé-réalité la plus gore, peut-être. Nouveau Look pour une Nouvelle Vie (et son corollaire Belle toute nue): je trouve le principe un peu moins voyeur, un peu plus utile. Ca continue de filmer des gens en détresse, souvent un peu bizarres (mais ça s'arrange, maintenant), mais ça les aide, et puis quelqu'un intervient pour leur dire qu'il fait faire quelque chose. J'ai du mal à croire qu'ils changent tous du tout au tout après, mais au moins sur le moment ça redore l'estime de soi de ces gens, et c'est bien. Et puis franchement, Carmimolla et Cordula, rien que pour eux, je pourrai regarder n'importe quoi... Secret Story: quand ça a commencé, j'étais en train de passer de la 3ème à la seconde, et avec mes potes, on a fait un jeu pour parodier l'émission. On s'est moqués tout l'été des candidats et de l'émission en la regardant au second degré. Et franchement, ça fait 7 ans, et je connais bien le système et je sais ce qui va se passer à chaque fois, mais ça m'amuse. Eddy le gay hyper funky, Florine la Barbie ratée, Alexia qui tombe amoureuse du mauvais garçon, Anaïs au caractère bien trempé, Gautier le stratège etc: toujours les mêmes stéréotypes, toujours la même trame, toujours une real TV d'enfermement, toujours des missions secrètes, toujours les pièces secrètes, toujours la guerre des clans, mais ça a le bon goût de l'été et ça m'amuse. 

And the losers are...: les Anges et leurs fournisseurs officiels. C'est vraiment trop... Too much. Qu'on fasse dans le débile-drôle, oui! Mais dans le débile-profond, c'est moins marrant quand même. Les télé-réalités, c'est marrant parce qu'ils débarquent naïfs et un peu benêts sur les bords, et qu'il n'y a pas d'intérêt: s'ils maîtrisent les codes du genre ou qu'ils jouent de leur notoriété, ça perd de sa fraîcheur et de sa légéreté. Bref, pour moi ça marche pas. Mais 5 minutes par ci ou par là, c'est quand même drôle, je l'avoue (avant de prendre un air offusqué pour parler de Nabilla, qui peut affirmer qu'il n'a pas ri en entendant les seins sur pattes parler de la guerre de 78 ou du désormais fameux "allô"?).

Dans la catégorie « je ne suis paaaaaaas un acteur ! Faut pas croire ce que dit la télé (scripted reality quand tu nous tiens) », les nominés sont: Le Jour où tout a basculé, Hollywood girls, Mon histoire vraie, Petits secrets entre voisins, Au nom de la vérité

And the winners are...: toutes les scripted realities sont conçues sur le même cocktail explosif: acteurs qui jouent de façon exagérée, mal, et intrigues qui tournent toutes autour de la trahison, du mensonge, du secret, et compagnie. Mon histoire vraie et Au nom de la vérité me plaisent peut-être simplement parce qu'ils sont diffusés le matin, que ça me réveille, que ça me fait commencer la journée du bon pied, sans me prendre la tête. Il n'y a pas de recherche particulière, les voix off sont pleines de suspense, c'est nul, mais j'adore, quoi. Petits secrets entre voisins est in juste parce qu'il a ce petit truc en plus de s'intéresser aux voisins, et qu'on s'y reconnaît un peu plus (qui n'a jamais observé ou écouté ses voisins?).

And the losers are...: Je suis moins fan du Jour où tout a basculé parce que c'est vraiment kitsch, avec des bruitages dignes de ceux des telenovelas vénézuéliennes diffusées sur France Ô. Hollywood Girls, j'ai jamais tenu assez longtemps pour donner un réel avis, mais c'est un peu le pire de ce qui peut exister j'ai l'impression. Déjà, Ayem ("Ayem, enchantée", je ne m'en suis jamais remise, pour ceux à qui ça parlerait) joue dedans, et Shauna Sand (une Barbie ratée parmi tant d'autres) aussi. Et le scénario est affreux, et voilà, c'est juste kitschissime. Ca vaut un globe de cristal, mais juste pour les globes en plastique des filles qui jouent dedans... 

Dans la catégorie "ils sont allés tellement loin dans l'immersion qu'ils s'y sont noyés (on joue à changer de vie?)", les nominés sont: "Zita, dans la peau de...", "Ta mère en 6e", "On a échangé nos mamans", "Vis ma vie", "Panique pas papa!" (et son corollaire "Une semaine sans les femmes", aussi), "Patron incognito"  / "Confessions intimes", "Toute une histoire".

And the winners are...: tous les losers que ces émissions représentent. Non, j'exagère, desfois c'est intéressant, desfois ça singe même le reportage, mais franchement, ça fait illusion sur qui? Personne n'y croit! Zita s'est tellement noyée que ça fait un an qu'on la cherche dans la vase de l'étang de la télé, parmi les cygnes et les canards. J'espère qu'elle refera surface parce que sans être vraiment informatif, sa façon de faire du 'journalisme d'immersion' commençait un peu à toucher au journalisme, ça avait un sens. L'épisode où elle se met dans la peau d'une femme obèse était assez réaliste, à mon sens. Vis ma vie a aussi disparu des écrans radar, un peu à la même époque que Bataille et Fontaine me semble-t-il: pourtant, l'idée de base est assez intéressante, échanger son métier et sa notoriété contre ceux d'un boucher ou d'un plombier était plaisant à voir. Mais non, maintenant, ça ne marche plus assez... C'est bien triste! Sinon, je regrette Super Nanny, qui savait faire évoluer les choses dans le bon sens, même si c'est toujours un peu dérangeant que ça se fasse devant des caméras. C'est un peu triste qu'il faille toujours être une femme bien, une mère parfaite, une employée modèle, mais résoudre les problèmes, s'ils sont trop énormes, c'est quand même une bonne solution, et elle arrivait à guider la famille vers la bonne direction. D'ailleurs, une émission du même genre devrait voir le jour bientôt: de même, Pascal le grand frère est en train de revenir à l'écran, mais le Pascal n'est plus le même. On a échangé nos mamans était assez drôle: on voyait des familles changer de matriarche, et l'autoritaire était remplacée par la baba cool etc. Du coup si elles étaient assez réfléchies, ça donnait une vraie réflexion sur les méthodes éducatives et la relativisation de ce que l'on fait, mais si elles étaient nunuches, c'était juste fun. On gagne à tous les coups, quoi. Dans le moins voyeur et le mieux réalisé, on a eu l'attendrissant Panique pas papa!: c'est produit par Alexia Laroche-Joubert mais c'est loin des grosses émissions qu'elle produit d'habitude. Il s'agit de laisser les enfants avec leur père et sans leur mère une semaine. Les papas vivent ensemble dans une maison, sont aidés par un expert, et apprennent à mieux maîtriser leur rôle de père. C'est encore un programme qui cherche à apprendre à des gens comment être meilleur et compagnie, mais c'est franchement bien foutu, assez mignon, et ça illustre quelque chose d'assez réel. C'est moins télé-poubelle que d'autres programmes sus-cités. Une semaine sans les femmes fonctionnait sur le même principe: une semaine où les femmes quittent un village, et où le village se retrouve donc uniquement avec les hommes et les enfants. Rien n'était écrit, il fallait qu'ils avancent et qu'ils voient comment ça se passe pour eux. C'était assez juste, malgré les caméras, les gens continuaient de vivre. Une semaine sans électricité avait aussi vu le jour sur France 2, mais ça a moins bien marché et du coup ça s'est arrêté, il n'y a plus eu de Une semaine sans... . C'étaient de beaux récits, j'aimais vraiment. Ta mère en 6ème était vraiment funky: c'était une sorte de vis ma vie, les mamans d'élèves de 6ème retournaient en cours. Franchement, c'était moins réfléchi, moins intelligent, mais tellement jouissif: elles adoraient revenir dans une classe, puis elles se rendaient vite compte qu'il y avait des règles là aussi, et qu'elles ne maîtrisaient pas tout... Régressif, quoi. Et enfin, Patron incognito me semble assez intéressant. C'est un patron qui se déguise et qui se fait passer pour un employé de son entreprise: du coup, il observe comment travaillent vraiment ses employés, comment fonctionne l'entreprise, comment il est perçu etc. C'est à double-tranchant: c'est une vraie belle aventure pour le patron, qui peut en tirer des leçons, mais pour les employés, qui sont dupés et trompés, ça doit être dur à accepter et il doit y avoir un sentiment d'être observé tout le temps après. En tant que spectatrice en tout cas, je trouve ça bien fait, et c'est plutôt une bonne idée à mon sens.

And the losers are...: les émissions où on filme la vie des gens, qui après viennent témoigner sur un plateau, alors que leurs reportages sont truqués et que les sujets sont lourds. J'adore Toute une histoire et Confessions intimes quand le sujet c'est "j'ai une passion dévorante pour Johnny"  ou "j'ai la phobie des chats", mais si c'est un sujet plombant comme "mon enfant a disparu depuis 8 ans" ou "mon mari est mort le jour de mon accouchement, à Noël", franchement, c'est moins fun, et ça instrumentalise la douleur des gens. C'est comme aller chez un psy mais en public, et j'ai du mal avec ça. Et je peux pas sacquer Sophie Davant, Delarue était tellement meilleur dans cette émission et dans Ca se Discute... Sinon, je n'ai jamais regardé Harry Roselmack dans son émission d'immersion, mais si vous la connaissez, je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez! 

Dans la catégorie "la mesquinerie, ça paie toujours! règlements de compte et crêpages de chignon en pagaille", les nominés sont: Quatre mariages pour une lune de miel, Bienvenue chez nous, Un dîner presque parfait, Une semaine pour faire la fête, Les reines du shopping.

And the winners are...: tout le monde, sans aucune exception! C'est le summum des émissions débiles, mais c'est ce qui me fait le plus de bien. Si j'ai survécu à ma khâgne, c'est grâce aux mariages et aux meufs qui se critiquent à coups de "sa robe la boudine", "un buffet froid? Pour un mariage? Srsly? Beauf, va", " nous n'avons pas les mêmes valeurs: moi, mon mariage, c'est dans un château, hein, pas une salle des fêtes de zone commerciale", ou encore "c'tait mort, zéro ambiance, j'avais envie de m'allonger sur la table d'ennui, en mode cachalot". Quand l'émission a pris des vacances, Bienvenue chez nous l'a remplacée: au début, j'ai trouvé ça moins marrant, juger des chambres d'hôtes (en plus, imagine l'impact d'une mauvaise note sur la fréquentation de l'établissement, après: si t'as pas la moyenne, tu peux fermer, l'angoisse de jouer ta carrière juste pour un jeu télé). Finalement, j'adore le moment où ils découvrent la chambre avec leurs hôtes puis seuls (souvent, avec les hôtes ils font genre "whaou, c'est top" et dès qu'ils sont partis, ils critiquent), le moment de l'inspection ("il y a un poil sur le lit! Oh mon Dieu", "n'importe quoi de laisser de la poussière derrière le radiateur" et compagnie), et le moment où ils laissent les notes. Ca fait desfois un peu mal au coeur, mais en général, c'est drôle. Un dîner presque parfait commence à vieillir et à tourner en rond, mais les gens qui participent valent souvent le détour (la fois chez Francis Lalanne ou chez l'excellent Dadyday -sa chanson, qui est allée à Incroyable talent, est écoutable sur Youtube, si vous avez besoin de rigoler (ne me remerciez pas)- sont collectors, par exemple), alors ça vaut le coup d'oeil. Les reines du shopping: affreusement cruel, affreusement drôle. Ca balance sur le physique, ça dépense sans compter, ça court en talons dans la rue... Du grand art. Normalement ça revient à la rentrée sur M6. Miam miam, je n'en ferai qu'une bouchée.

En dehors de ces quelques catégories, je décerne un prix d'honneur à "Lou!", dans la catégorie "c'est plus de mon âge" (c'est un chouette dessin animé, pas bête, avec du beau dessin, une préado, une mère fan de jeux vidéo, et un pizzaiolo. Ni trop naïf, ni trop réaliste). J'offre une récompense aussi à "Plus Belle la Vie", dans la catégorie "c'est pas encore de mon âge": c'est une récompense de l'étrange. Je n'aime pas la série, je trouve que le scénario est mal fichu, que toutes les intrigues s'étalent trop en longueur, que c'est pas réaliste, que certains acteurs ne sont pas géniaux, mais mes parents regardent. Donc quand je suis chez eux, étant donné qu'on regarde tous la télé le soir et qu'on mange avant l'heure fatidique de 20h17 (début du feuilleton, pour ceux qui ont la chance de l'ignorer), je regarde avec eux. Et du coup, après, j'ai envie de savoir comment ça s'est fini. Et voilà, on tombe dans l'engrenage. Pourtant je n'aime pas vraiment ça: alors pourquoi?

En revanche, rien pour les bêtisiers ni pour Amour, Gloire et Beauté. N'insistez pas! Je zappe systématiquement ça. C'est tout... Pour le moment =)

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13 août 2013

La Fac #2: la sacro-sainte organisation

Oyez oyez braves gens... Me voici de retour après quelques jours de vacances dans le verdoyant (et frisquet) pays picard. J'ai dorénavant un an de plus (depuis le 9, le jour de la Saint-Amour et de l'explosion de la deuxième bombe atomique à Nagasaki), mais je n'ai pas changé (d'ailleurs toi non plus, comme le dit si bien Julio Iglesias -me semble-t-il). =)

Je reviens donc avec un sujet hautement passionnant, comme vous en conviendrez certainement: l'organisation. Nous sommes, avons été et seront tous concernés (au moins une fois) par ce fléau international qu'est la flemme. Mais l'important, ce n'est pas d'être tombé de notre cheval (le travail) et de s'être endormi lâchement sur le champ de bataille (notre lit plein de feuilles de cours) ou d'avoir simplement fui le combat (et la BU), refusé d'affonter ses ennemis (les devoirs maisons) et abandonné ses troupes (ses camarades avec qui on a travail de groupe), non, ce qui est capital, c'est de savoir se remettre en selle (se réveiller et se remettre à bosser), et repartir jeune, beau, reposé et fougueux vers un brillant avenir (on y croit), une clairière plus sûre (en dehors de la tourmente des périodes de concours blancs, partiels et compagnie), et surtout vers la victoire (la bonne note ou l'obtention du diplôme). Comme dirait je ne sais plus quel site de poker, l'important ce n'est pas les cartes (votre capacité de travail à la base), c'est ce que vous en faites (votre façon de la manipuler pour en tirer le meilleur profit).

Sur cette métaphore guerrière et épique de toute beauté, je vous propose de réfléchir ensemble à comment s'organiser au mieux (et se mettre un coup de pied là où il faut, aussi), sans pour autant que ce billet soit un article méthodologique, vous commencez à me connaître, je ne réponds jamais vraiment aux questions que je me pose, et aussi d'observer l'organisation des étudiants. Si vous êtes en prépa et que vous recherchez des conseils de méthode ou d'organisation, allez lire Comment réussir sa khâgne, et si vous êtes à la fac, bah lisez-le aussi, Khâroline répond aux questions pratiques de façon plus pragmatique que ce que je fais ici (parce que c'est pas ce que je veux...).

Tentons donc d'élaborer une petite typologie des façons dont s'organise le Fakhêux pur jus. (Attention, cet article n'est pas sérieux, morceaux de LOL inside, surtout ne cherchez pas à lire une étude sociologique ou je ne sais quoi...).

FAC

Who's who?

Tout d'abord, causons d'un cliché: celui de l'élève très zen, détendu, voire un peu (ou même complètement) à la ramasse. Brisons ce stéréotype: l'élève de fac n'est pas forcément un marginal-né, ou en tout cas pas plus qu'un élève venu d'ailleurs. Alors non, il n'est pas forcément fumeur de joints intempestif, buveur comme un trou, ou défoncé par les deux à la fois. Ca arrive, mais on peut pas dire que ce soit une majorité quand même. Mais il y en a qui sont, même s'ils ne sont pas ennivrés ou pris dans des vapeurs grisantes, très peu stressés par les études. Ce sont des gens qui font tout à la dernière minute: mais attention, pas la dernière minute genre 2 jours avant, non, vraiment la matinée pour le lendemain, voire le jour même pour le jour même. Ce sont des gens qui ne viennent pas aux cours qui les saoûlent (genre le CM qui semble très long quand on y assiste du jeudi après-midi, à l'heure de la sieste), qui ne les rattrapent pas forcément (ou en tout cas pas tout de suite après en se disant "au secours! j'ai loupé le cours! il faut vite que je le reprenne!"), qui ne connaissent pas forcément le planning des partiels au moment où ils les passent. Ils ne sont pas en échec scolaire total, hein, ça se passe même assez bien, ils ne décrochent pas à cent pour cent. Ils sont juste un peu dans la lune. Ils s'organisent; c'est juste qu'ils le font d'une façon un peu alternative, en mélangeant tout, en définissant des priorités qui nous semblent secondaires, en s'éparpillant. Souvent, ils valident leur semestre, leur année: souvent, ils ne sont pas mauvais, mais être plus présent (physiquement certes mais aussi dans leur tête) leur serait sûrement utile.

Il y en a d'autres qui prennent les études par-dessus la jambe de façon complète, par contre. Quand on lit leurs noms sur les listes des "défaillants" ou des "absents" (ou des "recalés", selon la terminologie de l'UFR), on se demande qui c'est. On les voit apparaître aux partiels, ça fait de nouvelles têtes. Ce sont des élèves fantômes. Ils ne sont pas absents parce qu'ils sont salariés ou qu'ils ont des problèmes de santé, non: ils sèchent, tout simplement. On ne saura jamais s'ils ont vraiment une organisation, vu qu'on ne les voit jamais.

Il y a ceux qui eux, sont absents, mais justement parce qu'ils sont malades ou qu'ils travaillent. Ceux-là, ils savent jongler entre leurs obligations scolaires et leur vie en dehors de la fac. Souvent, ils sont responsables, conscients de leur situation, ils savent tenir un calendrier, prévoir leur travail sur le temps long. Ils maîtrisent le temps. Je leur tire mon chapeau: pour moi, les rois de l'organisation, ce sont eux! Ils relativisent le stress des examens ou l'importance d'un devoir parce qu'ils savent que les études, ce n'est pas tout, mais ils savent se consacrer à leur boulot scolaire quand il le faut. Ni trop, ni trop peu: ils connaissent la modération et savent comment réagir quelle que soit la situation.

Il y a ceux qui habitent loin et qui prennent le train pendant au moins une heure (au bas mot) par jour, plus le métro. Ils se lèvent tôt le matin, émergent dans le train, lisent les livres au programme dans le train, révisent dans le train. Le train est leur deuxième maison. Ils savent tirer parti de ce temps de transport. Ils n'ont pas envie de vomir dès qu'ils ont lu une page, eux. Ensuite, hors du train, il y a deux profils: ceux qui sont tellement crevés de faire ce chemin qu'ils se laissent doucement porter parle flot des paroles du prof et qui sont plutôt du genre passif, et ceux qui au contraire sont pleins de motivation et s'organisent en pensant "un moment dans le train pour ceci = un moment plus tad pour cela". Le train rythme leur vie.

Il y a ceux qui bossent partout, tout le temps, beaucoup, aux pauses, aux repas, quand un prof est absent, chez eux, en se levant, en se couchant. Des vrais aliens Hermione Granger tellement organisés qu'ils en deviennent des bunkers de l'émotion. Calm down guys, vous allez vous rendre fous.

Il y a ceux qui voient l'organisation comme une façon de nager. Il y a ceux qui font de la nage libre, qui sont donc rapides et synchronisés. Une fois qu'on a pris le rythme de l'année, un peu comme un diesel en fait, ça va: il s'agit de maîtriser la technique pour savoir perséverer sur la longueur. C'est un coup à prendre: on s'organise une fois, on voit sur une semaine quand faire quoi, et une fois qu'on a trouvé le bon schéma, on sait le reproduire de la même façon tout le temps, sans se poser trop de questions, pour que ça ne soit pas trop dur. Il y a ceux qui font du dos crawlé: souvent, ils font aussi une autre nage plus exigeante, et le dos crawlé les recentre, les repose. Ils alternent phases de boulimie et d'anorexie, phases de travail intense et de repos illimité, phases de papillon et de dow crawlé quoi. L'organisation,chez eux, c'est période par période: chaque semaine, ils décident s'ils sont plutôt en hibernation ou en train de se réveiller. Ils savent se donner à fond au moment où ça devient urgent, mais le reste du temps, ils sont cool raouls. Enfin, il y a les adeptes de la brasse: ils sont lents, ils étalent leur travail cmme de la confiture sur une tartine (partout, en une fine couche mais une couche permanente, sans à coups): c'est doux, mais ça creuse les muscles, à force de répétition. Leur mot d'ordre en ce qui concerne l'organisation, c'est "travail de fond'.

Je pense qu'un mix entre plusieus types de ce classement est quelque chose de bien. Je suis plutôt une nageuse de brasse, une coureuse de fond, mais par moment je m'accorde des semaines de zénitude, et certaines autres sont plutôt des semaines dHermione Granger transformée en nageuse de papillon. Et vous, vous êtes comment? =)

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07 août 2013

Acte IV: " Mais en fait, maintenant que je sais où ça te mène, ça te sert à quoi d'étudier la littérature?"

Même si on se spécialise et qu'on se professionnalise un beau jour venu, en attendant, on étudie des trucs qui peuvent paraître fous aux gens à l'extérieur. Desfois même, quand on s'obstine (ohohoh, foliiie) et qu'on décide de faire de la recherche en littérature ou d'enseigner le français (langue maternelle comme langue étrangère), on continue de se heurter au même mur d'incompréhension toute sa vie (genre le jour sans fin, un peu, tu vois). Bah oui, c'est bien beau de connaître sa culture, la littérature de son pays, de savoir reconnaître une allégorie, mais à quoi ça sert? Du coup, même si on est (parfois) reconnus comme faisant des études qui mènent bien à quelque chose de concret autre que "chômeur", bah les gens comprennent pas à quoi le tronc commun en lettres modernes sert: ils reconnaissent bien l'utilité du journalisme, ou de la lexicographie par exemple, mais pourquoi diable y arriver via les études de lettres? A quoi bon?

Commencer des études littéraires ne suscite donc pas vraiment l'engouement des foules (en tout cas dans ma famille). Et souvent, je pense pouvoir affirmer que les littéraires doivent répondre à une question fatidique: "mais à quoi ça sert le français/la littérature?". Parce que même en se spécialisant sur quelque chose de non focalisé sur les lettres, on a quand même une grosse composante, voire une dominante de lettres dans un parcours littéraire (normal quoi), que ce soit en allant à la fac après une prépa (c'est à dire, à L'île TheThird, environ 14h de tronc commun de littérature pour 6h de spécialisation, en licence 3), que ce soit soit en allant à la fac directement après le bac (et donc là, les premières années sont sans spé, donc on a que du tronc commun), ou que ce soit en allant en prépa après le bac (5h de français tronc commun en 2ème année, je sais plus pour l'hypokhâgne, plus 6h -me semble t-il- de lettres modernes si vous avez choisi la voie lettres modernes en 2ème année). 

litterature

Autrement dit, vous allez manger ça =)

Impossible donc d'échapper ad vitam aeternam à la sempiternelle ritournelle des non-lettreux d'origine: "à quoi ça sert la littérature?" (oui je me répète, je sais, ça va :) ).

Bonne question.

Je reconnais que moi-même, oui, moi, étudiante en lettres modernes, je me suis posé ces questions-là aussi. Moi aussi, je me suis demandé desfois quel était l'intérêt de faire des études de lettres au-delà du bac. Je vais passer pour une hérétique qui colle pas avec la posture des savants qui adorent se prosterner devant Dieu Proust tout le temps quelles que soient les circonstances, peut-être me mettra-t-on à la porte du Paradis ou de l'Eden tel qu'on peut le lire dans la Genèse, texte fondateur par excellence, mais tant pis. J'assume mon côté shocking. Je trouve ça plus grave de ne jamais prendre de recul sur ce qu'on fait.

D'ailleurs, plein de critiques ont essayé de se poser cette question. Beaucoup d'auteurs aussi. Pour certains, ça sert à dépasser le réel, le comprendre, survivre à la vie, s'évader, etc. Comme mon blog n'est pas une dissertation (NON à la dissertation!), je ne vais pas tenter de donner une explication ou m'élancer dans une envolée lyrique de premier choix. Si je deviens trop sérieuse, ce ne sera plus drôle du tout, vous en conviendrez comme moi. Parce que toutes les réponses qu'ont pu proposer de brillants élèves, leurs professeurs, des chercheurs, des auteurs, des éditeurs, des libraires, des lecteurs, des littéraires quoi, sont probablement toutes un peu vraies. 

Étudier la littérature, c'est d'abord quelque chose qu'on fait pour le plaisir. Lire nous plaît, écrire nous plaît. Mais ça sert aussi à répondre aux questions Art & Culture du Trivial Pursuit, à avoir l'air intelligente et fine dans une discussion, à pouvoir suivre les émissions de Raphaël Enthoven (je trouve qu'au sujet de ce garçon, tout charme est rompu dès lors qu'on sait qu'il a eu un enfant avec... roulement de tambours... Carla Bruni. OUI) . Ca sert à se cultiver, en un mot.

Je ne vais pas me lancer dans un débat stérile sur "à quoi sert la culture?", hein, je vous rassure, ça deviendrait polémique et prise de tête à la fois. Mais en gros, ce qu'on nous demande donc, à mots couverts, quand on nous demande pourquoi on fait des études littéraires, ce n'est ni plus ni moins que ça. Et du coup, face à des acquis techniques ou technologiques directement transposables et concrets (un chirurgien sait opérer), si nous littéraires paraissons si faibles, c'est parce que nos études sont légèrement plus abstraites. Elles sont moins professionnalisantes, et on ne voit pas directement et physiquement quels sont nos acquis. Face à des compétences manuelles, nous avons plutôt des capacités intellectuelles. Et dans une société du tout, tout de suite, ça passe pas super. Mais au final, partout où on n'est pas directement obligé de se servir de ses connaissances purement littéraires (enseignement, recherche, mais aussi journalisme littéraire, critique ou professions artistiques), ce sont plutôt les méthodes de travail et les façons de penser (capacité d'analyse de détail, organisation structuée des idées...) qu'ont les littéraires qui sont prisées sur le marché du travail. C'est la forme plus que le fond qui intéresse nos recruteurs, notre façon de faire plus que ce que nous faisons, et les connaissances que nous avons sont donc rarement reconnues en tant que telles. C'est donc l'étude de la littérature qui nous a formés (pour l'emploi), mais pas la littérature elle-même. La littérature en elle-même conserve alors son discrédit aux yeux de beaucoup.

Cependant, y'a de l'espoir: si nous sommes recrutés par les écoles de management, c'est bien qu'ils ont compris que le cheminement intellectuel sur le temps long que nous avons fait en prépa était important pour l'entreprise aussi et que le secteur entrepreneurial a besoin de réflexion avant d'avoir de l'action. Et les Nouveaux Chemins de la Connaissance est l'une des émissions les plus podcastées du groupe RadioFrance! 

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Acte III: "Mais maintenant que je sais à quoi ça mène... A quoi ça sert, tes études de français?"

Je n'ai jamais compris à quoi servaient les maths tant qu'elles n'étaient pas appliquées à des faits concrets: par exemple, les 4 opérations de base, c'est super utile, le calcul mental et les tables de multiplication, ça sert tous les jours, les pourcentages aussi. Mais la trigonométrie, sérieux? Les théorèmes de Pythagore ou de Thalès? Alors je peux comprendre qu'on remette en cause l'intérêt à long terme et pour chacun de l'enseignement littéraire. Mais pas tout, et pas n'importe comment. Un peu comme moi avec les maths.

Du coup, acte 1: à quoi ça sert d'étudier le Français, comme langue?

Tout d'abord, parlons du cas du Français Langue Étrangère, dont je suis la digne (ou pas) représentante ici =) A peu près 200 millions de gens dans le monde parlent Français (apprenants et pratiquants confondus, selon les chiffres de diplomatie.gouv, que je ne saurai contester). Les personnes qui l'apprennent à l'étranger, sont des gens qui veulent apprendre une langue vue comme celle d'un pays réputé pour sa culture, qui veulent immigrer en France (ou y faire des études), ou y faire des affaires (hé oui, on est une puissance économique importante, malgré tout); les personnes qui le parlent sont des émigrés français, des habitants des pays qui ont été colonisés, La langue française est parlée sur les cinq continents et c'est de plus en plus important de parler deux langues étrangères: donc même si l'anglais, l'espagnol et le russe ou le chinois sont favorisés, le français reste une langue plutôt très apprise à l'étranger, parce qu'elle apparaît comme un outil bien utile. Je vous conseille ce site qui donne des chiffres intéressants et dresse un état des lieux. Sinon, en tapant "pourquoi apprendre le français?" sur Google, des gens explicitent les quelques raisons que je viens de donner, même si c'est un peu trop en faveur du Français pour que ce soit totalement honnête.

Le Français Langue Maternelle, lui, est vu de façon ambivalente par ses propres locuteurs... Tout le monde reconnaît aisément que c'est bien d'apprendre le Français pour pouvoir communiquer entre nous quand on est en France ou dans l'espace francophone. Jusque-là tout va bien. Par contre, et là où ça se complique, c'est que plein de gens remettent souvent en cause l'apprentissage des règles de grammaire, de l'orthographe, des conjugaisons, et tutti quanti. On en arrive même à des gens qui font plein de fautes d'usage, de syntaxe et autres parce que ce qu'ils disent est compréhensible, alors à quoi bon maîtriser sa langue? 

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Moi-même, il y a beaucoup de règles de grammaire, ou de conjugaison, d'accords, etc, que je ne maîtrise pas forcément. Quand je me pose une question, je cherche, je trouve, et je corrige si besoin est. Je ne fais pas beaucoup de fautes, mais j'avoue que je fonctionne plutôt à l''intuition dans bon nombre de cas. Par exemple, je ne connais pas par coeur toutes les subtilités de l'accord de proximité, mais je travaille à l'oreille du coup pour ce genre de choses, et souvent, je finis par avoir la bonne réponse. En tant que future prof de FLE, j'essaie d'avoir des explications logiques aux questions que je me pose et de ne plus y répondre intuitivement: mais je ne sais pas si c'est vraiment la solution idéale vers laquelle on doit unilatéralement aspirer. C'est sûr que c'est toujours mieux de savoir expliquer pourquoi on arrive à tel ou tel résultat quand on fait un calcul; mais si des élèves y arrivent sans avoir besoin de s'encombrer de tout le métalangage et de tous les moyens mnémotechniques, est-ce que c'est vraiment la peine de faire en sorte qu'ils intègrent la règle à tout prix?

Pour des étrangers, je pense qu'une majorité d'apprenants auront besoin de la règle pour pouvoir l'appliquer et pour pouvoir comprendre le fonctionnement de la langue. Mais il existe une méthode didactique dite hypothético-déductive que je trouve plus intéressante: plutôt que de donner la règle puis des exemples, on donne d'abord des exemples de la règle en emploi, en usage, puis l'apprenant essaie, à coup d'essais et erreurs, de trouver comment ça fonctionne en proposant une hypothèse sur ce qu'est la règle. C'est sûr que ça peut pas marcher avec tous les publics et que tous les esprits n'intègreront pas de la même façon les choses comme ça: mais ça peut être intéressant.

Je ne suis pas convaincue que savoir nommer le plus-que-parfait et l'imparfait (par exemple) de façon absolue soit nécessaire. Ce qui compte, c'est de maîtriser la conjugaison des verbes qu'on veut employer et de savoir comment employer les temps. Ce qui bloque, à ce moment-là, c'est que pour être sûr que chacun a compris ce qu'étaient les temps, à quoi ils servent et ce qui les différencient, il faut bien mettre un nom sur eux. Alors le métalangage devient utile... En tant que donnée brute, donc, la grammaire, la conjugaison, ou l'orthographe ne servent à rien: apprendre qu'éléphant s'écrit "éléphant" et pas "helléphaon" ne sert à rien en tant que tel, savoir conjuguer "gésir" au présent de l'indicatif non plus, de même que connaître les subtilités de l'accord du participe passé avec avoir. Tout ça, le Français en tant que langue, ça ne sert que quand c'est mis en mouvement, que c'est utilisé: parce que même si on vous comprend quand vous écrivez "demain illoura coupure d'eau" (cc Chers Voisins), aujourd'hui l'orthographe est une norme, un standard que chacun se doit de respecter pour pouvoir se reconnaître dans une même langue, bien qu'elle soit changeante (je pense y consacrer un article, un jour).

Sur la route, si on ne respecte pas le code de la route, on est incompris des gens qui partagent la route avec nous et on provoque un accident; si on ne respecte pas les normes de la langue, on est mis à l'écart (du monde l'emploi par exemple, quand on voit qu'une lettre de motivation avec des fautes est discriminante, ou même de la société, avec les a priori qui sont souvent en cours contre les illettrés ou les dysorthographiques/dyslexiques etc.). Du coup, bien parler Français, c'est quand même mieux, non? :)

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