Bon, ok, à la base j'avais décidé d'ouvrir un blog pour raconter mon master FLE parce que quand j'avais voulu avoir des retours sur ce master, j'en avais pas trouvé qui soit continu et que je voulais que le mien puisse apporter aux autres ce que moi j'avais pas eu. Ok, j'avoue que j'avais des idées et des idéaux un eu élevés. Ok. 

Mais en fait, j'ai du mal. Je ne sais pas faire court et du coup je veux une structure dans un article et je veux qu'il y ait un peu à manger dans un article. J'aime bien les articles-fleuves à lire; donc je fais en sorte de les écrire. Mais là, c'est un aveu d'échec. Mes grandes espérances gisent à mes pieds, tandis que j'agonise (comprenne qui pourra, private joke pour littéraires inside ^^). J'exagère, évidemment (mais bon quand même, cette semaine une fille s'est mise à pleurer dans ma classe, et deux jours plus tard un garçon a fait une crise d'angoisse. Sinon, c'est cool le master. Ca va.). Mais sinon c'est pas drôle...

Tout ça pour dire que je me dis que je vais faire un blog mensuel, et que si je suis motivée les vacances verront fleurir des articles comme des boutons sur la gueule d'un adolescent. On ne sait pas. Mon lecteur unique chaque jour (si c'est toujours le même, respect, présente-toi, fais rêver mémé) me remerciera, je le sais, je le sens.

 

DONC. Le rythme du master sera le sujet de cet article, qui va déchaîner la passion de la foule en délire (si si, motivez-vous un peu, enfin!). Vous avez le droit de commenter, si ça vous chante (je me sentirais un peu moins seule, même pour me dire "tais-toi" ça sera déjà ça, vous voyez). =)

J'ai prévu de vous parler de la recherche de stage avant de partir en stage, justement, de l'orientation pro/recherche, du bénévolat que je fais, des transports en commun et des travaux de groupe vs les travaux solos. Donc, si vous m'avez suivie, normalement au pire du pire, on aura parlé de tout ça d'ici avril. On y croit très fort et on serre ses petits doigts.

Sinon, sur le sujet rythme, et transition prépa/fac, allez lire Sarah si vous ne l'avez pas encore fait, on a des points de vue relativement différents, c'est l'intérêt :)

 

Revenons-en à nos moutons. Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin (Anaïs, khâgne Lyon 2011-2012) que je suis, mes moutons, ce sont donc la didactique, la linguistique et la culture (hic) (c'est pour la rime). Mon master a un emploi du temps étrange, comme je vous l'ai déjà dit: toutes les semaines, il faut vérifier à quoi la semaine suivante ressemblera. C'est amusant; trois semaines. Après, c'est vite gavant. L'organisation, c'est compliqué. Voir à l'avance, c'est compliqué. C'est un challenge de tous les instants. Un Kinder surprise.

En dehors de ça, j'ai donc entre 16 (dans des cas extrêmes, et rares) et 27 (dans des cas encore plus extrêmes et rares) heures de cours par semaine. C'est immense par rapport au M2 recherche de ma fac dans ma filière (et d'après ce que je comprends, par rapport aux M1 recherche en général), et à peu près équivalent aux M1 enseignement (qui ont même  peut-être un peu plus d'heures). 

Les cours, souvent, sont longs un peu pour rien. Mon cours de sémantique était un océan de répétitions et de redondances. Mon cours d'observation est inutile (on pourrait observer sans cours). Après, certains cours sont probablement intéressants, mais ne me passionnent pas personnellement: le multimédia et le cours sur le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, par exemple, ou le concept d'autoformation, ne me captivent pas. Mon cours de phonologie est incompréhensible (à part ça j'ai DS mercredi. La vie est belle! Je ne suis que joie et bonheur!). Mon cours d'acquisition se passe sur PowerPoint uniquement, ce qui est un peu ballot parce que les PPT sont accessibles depuis chez nous et que la prof ne fait que les lire en cours, mais le contenu est whahou. Les pratiques de classe se décomposent en une partie grave utile et une partie complètement inutile, ce qui est dommage, mais au moins ça nous fait nous poser des questions chouettes. L'anthropologie a été sans aucun intérêt au fil du semestre. La littérature a été un cours bizarroïde, mais le dossier est intéressant et en tant que lettres modernes, ça fait plaisir.

Le master a un rythme particulier. Si j'ai eu envie d'écrire cet article, c'est parce que ma classe dit "on a TROP de boulot, truc de dingue", "c'est la période de tous les dossiers là", "mais comment tu fais pour pas stresser?". Et je comprends pas. Je vais peut-être m'attirer les foudres de Zeus, de l'Olympe entière (et de Météo France avec), mais je comprends pas comment on peut arriver en master et se dire "ah bah mince, j'ai 25h de cours par semaine, entre 5 et 20h de boulot hors cours selon les gens, et je m'en sors pas".

Beaucoup de gens ont des boulots alimentaires hors cours. Soit. Certains de ces gens-là sont du genre à gérer, justement, et à savoir s'organiser (et d'autres se vautrent totalement en angoissant H24 et en stressant tout le monde autour). Alors comment des personnes qui n'ont pas de petit boulot, ou qui font un baby-sitting par semaine, ou bossent occasionnellement le week-end, peuvent autant galérer?

Le rythme est soutenu. Dire le contraire reviendrait à se voiler la face. Je ne comprends pas comment on peut dire aux prépas "hey, la fac c'est cool, ça va aller eaaasy". Beaucoup d'heures de présence aux cours, beaucoup de travail en dehors de l'enceinte de la fac sont nécessaires. Parce que ce mythe du "on peut sécher, ça se rattrape", j'ai du mal à saisir. A part mes deux ou trois cours où on peut se permettre de s'absenter, franchement, j'ai du mal à voir comment apprendre soi-même à faire ce qu'on fait et à apprendre des contenus enseignés en cours chez soi. Et chacun de mes cours se solde par un dossier de 15 pages à rendre en groupe, des DM chauds bouillants, des lectures d'articles en veux-tu en voilà.

J'ai du mal avec les extrêmes (dans la vie comme dans cet exemple): je ne comprends pas qu'on puisse dire que le rythme du master n'est pas difficile et je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on dise qu'il est insupportable. J'ai l'impression d'être retournée en HK. Je ne suis pas angoissée comme un nombre croissant de mes camarades, mais y'a du boulot. Du coup j'ai du mal avec cette idée qu'on mythifie la prépa. Non, la prépa n'était pas plus dure. J'ai des profs exigeants en fac aussi. Arrêtons de glorifier les HK et les KH. Ce que vous faites, ce que j'ai fait, c'est bien: c'est un entraînement à un certain nombre d'exercices, avec une classe souvent assez sympa, qui invite à se spécialiser dans une thématique précise de chaque matière. La prépa, c'est des élèves et des profs investis. Mais finalement, où est la différence avec la fac, la vraie différence, celle qui fera l'unanimité? J'ai des profs tout aussi engagés dans la progression des élèves et tout aussi encadrants qu'en prépa. Ma classe est une classe aussi réduite que celle que j'avais en KH. Mes profs connaissent mon prénom (enfin pas tous, mais certains sont plus magistraux que d'autres: sur 7 profs -enfin 9 parce que certains cours se font avec deux profs, mais sur ces deux cas, il y a un chef et un suiveur :)- 5 connaissent mon prénom): en licence, la fac est anonyme, mais en master?

Finalement, ma conclusion est donc la suivante: pour moi, le master, c'est la prépa avec des spécificités organisationnelles liées à la fac, un lieu plus grand où se côtoient des gens certainement plus différents qu'en prépa (bien que dans ma prépa, on était beaucoup de boursiers et que nos profils étaient variés), et où on a plus de services (ceci est toujours personnel), avec une spécialisation dans un domaine, mais une variété proposée et non plus imposée. En prépa, on a forcément une langue morte en première année, de la géo, de l'histoire, de la philo, une langue vivante. Tant pis si on est nuk, tant pis si on n'aime pas ça: j'ai aimé ça, personnellement. Mais à la fac, ici, je ne suis que des cours de didactique des langues et des cultures, un peu aménagés évidemment selon les UE. Par contre, plein d'associations, de vie culturelle, sportive, de possibilités existent. C'est à soi de composer son programme. Alors, l'indétermination de la première année de prépa, ça reste un atout ou pas? Pour ceux qui savent ce qu'ils veulent faire, est-ce que c'est vraiment bien? J'aime ça, je le répète, ça m'a intéressée et ça m'a plu. Mais finalement, ça reste contestable. Il faut voir plus loin que le bout de son nez: oui, la prépa c'est chouette. Mais le système a ses failles et n'est pas unique. Pensez-y si vous hésitez entre les deux! J'aime les deux, mais ça peut être un axe de réflexion.

J'ai cours tous les jours. Si on part sur une semaine-type où j'aurais tous les cours, on peut présenter mon emploi du temps comme suit: le lundi, je n'ai qu'une heure de cours (l'autoformation), mais certains ont aussi 3 heures de linguistique de plus, le matin. Le mardi, j'en avais 6 (là, le semestre se finit). Le mercredi, 8 et demi. Le jeudi, 5. Et le vendredi, 6. En licence, dans ma fac, le lundi et le vendredi sont assez épurés, en général. En master, on retrouve un équilibre approximatif, et on retrouve une semaine avec du boulot et de la présence tous les jours. Ca me semble plutôt pas mal: l'organisation me paraît plus simple comme ça.

Les cours font souvent 3h. Au début, on trouve ça immense. On a l'impression d'avoir un désert devant soi quand on commence. En prépa, j'avais souvent deux heures, et en L3, une heure ou une heure et demie, sauf pour la linguistique: ça surprend un peu, le rythme est différent. Mais c'est un rythme à prendre. C'est comme quand on découvre qu'on a des DS de 6h en prépa, puis qu'on aura seulement 4h en fac: au début ça choque, et puis on s'adapte. Le tout, c'est d'accepter que ce qu'on a connu avant n'est pas forcément LA solution ultime. L'avantage des cours de 3heures, c'est aussi qu'on traite un sujet selon ce format, qu'on a plus le temps de sortir du cadre (ce qui n'est pas trop le cas en licence ou en prépa quand on a un concours à la fin de l'année), et qu'on peut faire différentes choses en cours (travail en petit groupe, en grand groupe, exposé). Le format est intéressant du coup. C'est un pli à prendre...

Rien n'est insurmontable. Il y a du boulot. Il y a des choses qu'on peut dire plus facilement qu'en prépa, et d'autres qu'on ne peut pas dire parce qu'on a fait une prépa. Il y a des cours lents où on brasse du vent et des cours qui s'adaptent au rythme du groupe. Il y a des gens passionnants, qui savent faire alliance entre profession véritable et théorie (nos profs ont enseigné le FLE, beaucoup des élèves de ma classe ont déjà enseigné, certains sont en complément de formation: les profils sont variés et ça, c'est vraiment cool). Il y a de tout. Des défauts, oui, à la pelle, on en trouve dans mon master: mais plein de qualités aussi.

 

Et vous alors? Racontez :)